home Congo Congo : Où sont passés les 4 milliards de fonds de gratuité de l’école congolaise?

Congo : Où sont passés les 4 milliards de fonds de gratuité de l’école congolaise?

Image d’archive|DR
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Depuis des années, les parents d’élèves congolais soutiennent la scolarisation de leurs enfants en payant chaque année à la rentrée des boîtes de craies, les rames de papiers et autres outils pédagogiques. D’autres dans les villages versent d’énormes sommes d’argent pour le fonctionnement de l’école. Il y a quelques années, le gouvernement annonçait la gratuité totale de l’école. De l’argent géré aujourd’hui avec beaucoup de pagaille et de gourmandise par les autorités. Cette année scolaire d’ailleurs, la cagnotte estimée à près de 4 milliards de francs CFA est presque portée disparue.

C’est depuis le mois d’octobre 2015 que les chefs d’établissements attendent impatiemment l’argent de la gratuité. Estimée sur la base des effectifs d’élèves de l’année dernière, la cagnotte devrait faire cette année 2015-2016, une bagatelle de 4 milliards. Il s’agit en fait de 3.000 francs CFA pour chaque enfant du Préscolaire et du Primaire, et de 4.000 francs pour le collège et le lycée. Cet argent sert à payer les boîtes de craies, le papier. Il permet aux chefs d’établissements d’organiser les compositions, les évaluations diverses. Cette année, rien n’est tombé dans le compte des gestionnaires d’école, se plaint-on partout.

Il semble que l’ancienne procédure permettant de virer directement l’argent dans les départements où chaque gestionnaire venait se servir soit revue. Tout devrait se passer à Brazzaville, dès que le mandat est validé au ministère des Finances et envoyé au Trésor public.

Dans les écoles, l’atmosphère monte. Les chefs d’établissement étouffent et grincent les dents. Si la rentrée scolaire a eu lieu, donc ces responsables ont dû faire des dépenses. Mais où ont-ils trouver de l’argent pour acheter craies, bics, cahiers ou papiers? Ils sont dû contracter des dettes auprès des opérateurs économiques qui attendent depuis novembre-décembre pour se faire payer. Malheureusement rien, même pas un franc ne circule pour cette affaire. Et personne ne dit rien, en dehors des murmures des chefs d’établissements qui craignent bien pire avec ces opérateurs économiques Gagnant-Gagnant et non Perdant-perdant.

Présents à Brazzaville au cours de la cérémonie de présentation des voeux de nouvel an à leur ministre Anatole Collinet Makosso, les directeurs départementaux qui ont désormais feu le aux fesses n’ont rien reçu. Même pas une promesse de delais de paiement. Bien au contraire, ils ont reçu mission de tout faire pour calmer les écoles et qu’aucune pagaille ne naisse de cette affaire de gratuité.

Le Congo est-il donc un pays de dettes? L’Etat devrait-il s’endetter jusqu’à ses plus petits démembrements comme les établissements scolaires de 50 à 90 enfants? Ce qui est étonnant, le cabinet du ministre Makosso ne se saisit pas de l’affaire. Ne s’explique pas non plus sur les raisons d’une telle insolvabilité. Les 4 milliards de francs ont eu les pieds et ont disparu comme le sel dans l’eau. La chute du prix de baril de pétrole serait-il passée par là? Si oui, il faut bien l’expliquer pour assurer la quiétude partout, surtout au niveau des opérateurs économiques qui attendent dans les carèmes et prières leur argent.

La gratuité de l’école et la gratuité des médicaments contre le SIDA seraient-elles devenues parents? Comment donc ne se réalisent-elles qu’à compte-gouttes? Mais pour l’Education, les traces du ministère des Finances montreraient bien que le mandat a encore cette année été validé, et que le Trésor aurait autorisé la sortie des sous. Et alors, où est l’argent, les fameux 4 milliards se seraient-ils vaporisés sous l’effet du chaud soleil de ces derniers temps à Brazzaville? Bongo Ebima, nous chantera-t-on bientôt ici!

©Severinnews

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L'actualité congolaise est une affaire personnel. Mais je ne peux m'empêcher de la partager avec vous.

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