Congo – Message sur l’état de la nation : Des annonces fortes qui attendent d’être concrétisées

Sassou

Le président Denis Sassou N’Guesso lors de son message sur l’état de la nation devant le Parlement réuni en congrès 30/12/2017

Réduire le train de vie de l’Etat, épousseter l’appareil judiciaire pour s’attaquer de front aux antivaleurs, réformer l’administration, les entreprises publiques, les établissements de sécurité sociale, garder l’œil sur les régies financières : 2018 va commencer sur les chapeaux de roue si on s’en tient aux grandes lignes du message du président de la République sur l’Etat de la nation.

Le Pool, la crise économique et son volet social, la gouvernance publique, les négociations avec le FMI, le procès des détenus pour « trouble à l’ordre public » ou « atteinte à la sureté intérieure de l’Etat », l’avenir des jeunes, la lutte contre l’impunité, la coopération bilatérale et multilatérale ont constitué les points de mire du message du président Denis Sassou N’Guesso sur l’état de la nation, délivré le 30 décembre devant le parlement réuni en congrès.

On s’attendait à ce que le chef de l’Etat parle de la situation d’insécurité dans laquelle le département du Pool est plongé depuis bientôt deux ans. Cela ne lui a pas échappé, mais le point qui a fait réagir son auditoire par des applaudissements nourris a été celui portant sur la lutte contre la corruption. Un fléau qui gangrène les secteurs entiers de la vie nationale et duquel prospèrent l’impunité, le trafic d’influence, le tout couronné par l’atrophie de l’appareil judiciaire.

Sur chacun des axes de son adresse, le président de la République a dépeint sous un jour serein l’entrée du Congo dans la nouvelle année 2018, en dépit des difficultés économiques et financières conjoncturelles. Au tout début, il a rappelé le contexte de l’avènement de la nouvelle République issue du référendum du 25 octobre 2015, indiquant que le Peuple congolais avait inscrit cette quête dans la droite ligne de l’exercice de sa souveraineté. Le chef de l’Etat a aussi rendu hommage aux présidents sortants des deux chambres du Parlement, André Obami Itou (Sénat) et Justin Koumba (Assemblée nationale) pour leur dévouement à la cause de la nation.

« Le Pool ne saurait être longtemps pris en otage »

Le président de la République a abordé le vif de son message par le département du Pool en proie, a-t-il déclaré, à « des épisodes d’insécurité sur fond de grand banditisme ». Il a au passage déploré l’arrêt de projets sociaux économiques qui étaient en cours dans cette partie du pays, la déscolarisation de nombreux enfants, la destruction des infrastructures.

Saluant la conclusion de l’accord du 23 décembre, à Kinkala, entre le gouvernement et les rebelles, Denis Sassou N’Guesso a pris à témoin l’opinion nationale et internationale car pour lui : « le moment est venu pour tous, de s’inscrire sans exceptions ou états d’âmes dans cette dynamique républicaine salutaire ». Une façon pour le chef de l’Etat de battre en brèche les tergiversations du principal concerné, le Pasteur Ntoumi en l’occurrence, qui tente de multiplier des préalables sur le chemin de l’application de cet accord.

L’une des conditions posées par ce dernier est la libération des détenus, parmi lesquels des acteurs politiques soupçonnés d’« atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ».  Le président de la République a émis le vœu de voir le procès les concernant s’ouvrir dans le courant du premier trimestre de cette année.

Crise économique et volet social

Le chef de l’Etat a décrit « les difficultés conjoncturelles évidentes » du Congo, pays dont la principale source de revenu, le pétrole, se porte mal sur le marché international. Répondant sans doute aux critiques entendues sur les choix économiques de ces dernières années, Denis Sassou N’Guesso a souligné l’apport de l’expérience de la municipalisation accélérée en termes d’infrastructures conçues pour désenclaver les départements. Il s’accorde à dire qu’il y a « toujours des erreurs à redresser au bout d’une expérience renouvelée… et la portée des enseignements à tirer ». Mais cela ne doit pas, a-t-il insisté, faire oublier par exemple que la route transnationale Pointe-Noire/Ouesso ou encore les barrages hydroélectriques d’Imboulou et de Liouesso ont permis au Congo de progresser.

Ayant réussi à boucler l’année 2017 sans arriérés de salaires dans la fonction publique, malgré la situation économique difficile, le gouvernement a à cœur, a indiqué le président de la République, de regarder le cas des établissements publics comme le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville et l’Université Marien Ngouabi qui ont plutôt enregistré des retards sur ce plan.

Tout en déclarant comprendre leurs revendications « légitimes », le chef de l’Etat a interpellé les cadres et agents de ces deux structures devant les conséquences des grèves prolongées sur la santé des malades et la formation des jeunes. A ces derniers, le président de la République a prescrit que l’avenir n’est « ni dans le grand banditisme, ni dans les comportements déviants ». Il assure qu’en fonction des ressources disponibles, le gouvernement offrira aux jeunes des opportunités d’emplois. Il a aussi évoqué le sort des agents de l’Etat retraités, disant que le gouvernement s’emploiera à honorer ses engagements de leur payer ce qu’il leur doit.

Le train de vie de l’Etat

Le président de la République a inscrit ce point dans le cadre général de la mise en ordre de la gouvernance publique : « La situation préoccupante de notre pays impose aux dirigeants, à quelque niveau qu’ils soient, de faire preuve d’humilité et de solidarité avec le peuple en renonçant à toute ostentation ». Il a réitéré ses instructions de réduire la fréquence des missions à l’étranger et le nombre de personnes composant les délégations. Par ces temps de crise, peut-être est-ce un moyen pour les officiels d’arrondir les fins de mois ?

Déplorant que « le réflexe de la sanction se soit fortement altéré », le chef de l’Etat a interpellé les parlementaires et les magistrats afin qu’ils usent de leurs prérogatives constitutionnelles pour aider le pays à combattre les antivaleurs et l’impunité. Mais, le président de la République a une fois de plus mobilisé sur les vertus du travail. Il déclare garder l’espoir que le pays franchira avec succès la passe difficile qu’il traverse actuellement. Denis Sassou N’Guesso a aussi salué les bons offices du Congo dans les crises qui secouent certains pays africains et réitéré par ailleurs les efforts du pays dans la lutte pour la préservation de l’environnement.

Tout compte fait, un message présidentiel proche des attentes des Congolais qui ne manqueront pas, le moment venu, d’en juger la portée sur leur vie de tous les jours.

Gankama N’Siah
 
Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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