Congo: l’impact du prix du pétrole se fait ressentir de plus en plus

Congo: l’impact du prix du pétrole se fait ressentir de plus en plus
Immeuble|la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC)

Immeuble|la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC)

(Xinhua) — Quatre mois après la baisse des cours du pétrole sur le marché international, le gouvernement congolais, qui se montre serein quant au maintien de sa croissance économique à 5% en 2015, vient d’adopter un projet de loi portant sur le code des hydrocarbures.

Le nouveau code, qui reprend les principales dispositions de la loi datant de l’ année 1994, octroie l’exclusivité des titres miniers à la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), avec possibilité d’association avec des partenaires nationaux ou étrangers.

Selon le ministre congolais des hydrocarbures, André Raphaël Loemba, la nouvelle disposition permettra de renforcer les sanctions en cas de non observation des dispositions légales et contractuelles par les sociétés pétrolières; la mise en place d’un régime fiscal et douanier univoque, applicable à l’ensemble des sociétés pétrolières, et la fixation de la part minimale du « Profit Oil » de l’ État à 35%.

Ces nouvelles dispositions du gouvernement congolais interviennent quatre mois après la baisse des prix mondiaux du pétrole, dont les effets se font déjà ressentir dans le pays, en dépit de l’ optimisme, à en croire la déclaration du ministre délégué au Plan et à l’ intégration, Léon Raphaël Mokoko, au sortir du Comité national du crédit.

« Notre croissance ne fléchira pas malgré la conjoncture du pétrole. Nous avons une politique de gestion des finances publiques qui est prudente », a-t-il déclaré.

En effet, malgré sa politique de diversification amorcée ces dernières années, le Congo reste extrêmement dépendant de la rente pétrolière. Le secteur contribue à hauteur de 90% des exportations, 75% des recettes publiques et 60% du PIB.

Suite à la chute du prix du baril du pétrole, le gouvernement a été contraint de revoir à la baisse son budget exercice 2015, initialement basé sur un prix de brut de référence de 96 $ par baril, soit presque le double des prix actuels du pétrole brut.

Les effets de la conjoncture pétrolière

L’Etat s’est engagé fermement à résoudre les problèmes majeurs des Congolais, mais dans le sillage de la chute du prix du pétrole, le constat sur le terrain reste tout à fait différent.

« Pour faire reculer durablement le chômage, même dans une conjoncture difficile comme c’ est le cas aujourd’ hui, le gouvernement veillera à préserver un niveau élevé des investissements publics et à encourager les investissements productifs privés » , a déclaré le chef de l’ État, Denis Sassou N’ Guesso dans son message de vœux à la nation le 31 décembre dernier.

Sur le terrain, certains projets d’infrastructure, hormis ceux qui s’effectuent dans le cadre des 11èmes jeux africains prévus en septembre, semblent être en arrêt au regard des difficultés qu’éprouve le gouvernement à payer ses créanciers et les entrepreneurs.

En janvier, le collectif des opérateurs économiques a exigé le paiement de la dette publique actuellement chiffrée à environ 650 milliards FCFA (soit 1,1 milliard de dollar). Selon les experts de la finance, le risque de non-paiement des dettes par l’ État pourrait se concrétiser si le gouvernement n’opte pas pour une politique prudente de gestion des finances publiques.

Toutefois, en dépit de la situation financière « difficile » causée par la chute brutale du baril de pétrole, les autorités congolaises gardent bon espoir, proclamant ainsi poursuivre leur marche vers le développement.

Selon M. Sassou N’ Guesso, le gouvernement « veillera à ne pas réduire les dépenses sociales au point de remettre en cause les acquis sociaux de ces quinze dernières années » .

En dépit de la conjoncture pétrolière, le pays dispose d’ importantes réserves prouvées. Les principaux acteurs, notamment Total E&P Congo et Eni Congo poursuivent les investissements dans l’exploration et la production avec des découvertes de nouveaux champs jugés plus importants.


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