Congo – Liberté de la presse : Des organisations de la société civile demandent la libération de Ghys Fortuné Dombe-Bemba

Des organisations de la société civile

Les leaders des organisations de défense des droits de l’homme. ©DR

Les responsables des organisations de la société civile œuvrant pour la promotion, la protection et la défense des droits de l’homme, la liberté et la démocratie en République du Congo sont montés au créneau pour demander la libération du journaliste Ghys Fortuné Dombe-Bemba, détenu à la Maison d’arrêt près de 10 mois sans procès. C’était au cours d’une conférence de presse qu’ils ont animée samedi 4 novembre, au siège de l’ADHUC (Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral).

L’un des acteurs de la plateforme, Joe Washington Ebina, a rappelé que le journaliste dont il est question a été interpellé il y a près de 10 mois, depuis le 11 janvier 2017. Pour avoir diffusé, dans son journal, Talassa, le message de Frédéric Bintsamou, dit Pasteur Ntumi. Il est resté en isolation à la Maison d’arrêt de Brazzaville, enfermé 24h/24, pendant 5 mois et 22 jours, dans une cellule spéciale nouvellement repeinte, mais non éclairée et sans toilettes. «C’est pourquoi, depuis quelque temps, il développe des maladies diverses, notamment des maladies de l’œil, des maladies neurologiques et des maladies liées à la circulation sanguine.» Ces maladies, a-t-il relevé, nécessitent urgemment un suivi régulier externe auprès des spécialistes, ainsi que des conditions d’hygiène appropriées, à défaut de rester auprès des spécialistes un moment ou dans des hôpitaux ayant un plateau technique complet, pour une rééducation.

Joe Washington Ebina a rappelé, par ailleurs, que le détenu est entré à la Maison d’arrêt avec zéro degré de visibilité au huitième mois, il est passé à 1,75 degré, à cause des picotements provoqués par la nouvelle couche de peinture pendant les deux premiers mois, et à cause du long enfermement 24 h/24 dans sa cellule. Il a souligné, en substance, qu’après maintes demandes d’autorisation, le journaliste n’a plus reçu l’autorisation de se rendre chez un opticien pour se procurer des lunettes, encore moins chez un stomatologue et autres spécialistes.

«La sagesse enseigne qu’une maladie découverte à temps est facilement traitable, mais lorsqu’on la découvre après un long moment d’hibernation, l’irréparable se produit ! C’est ce qui est arrivé, malheureusement, à la Maison d’arrêt de Brazzaville, qui a déjà enregistré la mort de cinq détenus, depuis le début de cette année 2017», a-t-il révélé. Il rappelle que l’article 119 du code de procédure pénale congolais dispose que «la détention préventive est une mesure exceptionnelle»; le principe étant la libre comparution de la personne poursuivie, présumée innocente tant qu’un jugement de condamnation n’a pas été rendu. «En la matière, ni la nature criminelle des faits, ni la gravité supposée desdits faits, ni un éventuel trouble à l’ordre public ne sauraient légalement justifier la détention prolongée du journaliste» a-t-il dit. Il estime qu’il faut éviter le pire, dans un pays où les délits de presse ont été dépénalisés par le magistrat suprême, Denis Sassou-Nguesso, sachant que le journaliste n’a fait que son métier d’informer le peuple congolais, selon les règles de l’art. «Nous demandons aux autorités compétentes qu’il soit mis en liberté, afin qu’il aille se faire soigner et vivre dans des conditions hygiéniques adéquates», a-t-il indiqué.

Répondant à une certaine opinion qui pense que les organisations de la société civile roulent pour l’opposition, les responsables de la plateforme ont rétorqué : «Nous n’avons jamais été ensemble avec les politiques. Nous sommes derrière les citoyens, nous sommes pour la défense des droits et nous accompagnons tous ceux qui se sentent lésés dans leurs droits, ça c’est notre travail.»

Pascal Azad DOKO



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