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Congo : Les prostituées appelées «TCHOUKOU-MESSO » envahissent les rues de Pointe-Noire

Image d’illustration (archives)

Pointe-Noire, à la fois ville du pétrole et capitale économique du Congo-Brazzaville, est devenue une ville réputée pour la légèreté de ses filles. Là-bas, les adeptes du plus vieux métier du monde sont appelées les «TCHOUKOU-MESSO », comprenez, les filles dévergondées qui draguent les hommes, en les charmant avec insistance, sans battre les paupières.

Dans la ville océan, le boulot est rare, difficile d’obtenir un contrat de travail. La chute des prix des matières premières, notamment le pétrole, a occasionné une crise financière. Elle touche tous les secteurs d’activités partant du public au privé. Les entreprises cherchent même à fermer. La situation étant catastrophique, certaines licencient le personnel et réduisent les charges.

La nécessité de faire vivre des enfants abandonnés par leurs pères amènent certaines filles à se prostituer…Pour joindre les deux bouts. Un autre constat amer, dans les bars, les restaurants, devant les hôtels ou les boîtes de nuit de la cité économique, l’offensive des «TCHOUKOU-MESSO », gagne toute la ville de Ponton la belle.

Au cœur de la séduction et du plaisir à Pointe-Noire, ce sont les «TCHOUKOU-MESSO » qui dictent leur loi et qui font la chasse à l’homme. Elles opèrent, par exemple, dans la ceinture du triangle du centre-ville. C’est ici le lieu où le bas de la ceinture féminine se vend à vil prix.

Depuis quelques mois, les lieux de plaisir se sont multipliés dans la grande agglomération portuaire. Aussi bien les faubourgs désaffectés et les quartiers pauvres tels que Fond Tié-Tié, Mpaka, Mawata, KM4, Saint-Pierre…

Bien sûr, le centre-ville, territoire incontournable du marché du sexe, reste la plaque tournante du sexe. Les primo arrivants dans la ville océane veulent se défouler avec une «TCHOUKOU-MESSO».

A Pointe-Noire où la morale traditionnelle et familiale ne guide plus les gens, des filles se prostituent loin de leur famille et même proche pour certaines d’entre elles.

Elles ont entre quinze et vingt-huit ans. Le noctambule qui franchit pour la première fois le seuil de leurs lieux de rassemblement est secoué par l’attroupement de ces jeunes filles.

Les habituées des lieux affirment que certaines jeunes prostituées commencent leur travail l’après-midi, et ça pousse jusqu’au petit matin. Certaines d’entre elles « livrent la marchandise à des habitués à crédit ». La crise financière oblige. C’est la rupture !

Des jeunes filles à la poitrine pleine, aux hanches bien fournies. Elles s’habillent légèrement, presque nues (fuseau, minijupe…).

A Loandjili, une vieille dame âgée de plus d’une soixantaine d’années loue sa chambre aux prostituées qui désirent vendre ce qu’elles ont. Sans gêne, tous les jours c’est une file indienne au domicile de cette dame, avec des prostituées qui attendent des clients.

Les recettes journalières des prostituées oscillent entre 5 000Fcfa et 10 000FCfa.

La situation est grave en ce moment, les populations ne savent plus où donner de la tête. Elles interpellent les autorités municipales, religieuses, en collaboration avec les forces de l’ordre, pour nettoyer la ville, disent-elles.

Il serait judicieux que les autorités et particulièrement celles du département du Kouilou (sud) trouvent urgemment des solutions idoines à ce fléau qui a pris de l’ampleur dans la capitale
économique du Congo. L’Etat pourrait par exemple, à travers les Ministères des affaires sociales et de l’action humanitaire et de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement effectuer des descentes sur le terrain dans l’optique de rencontrer ces jeunes filles, les écouter et voir dans quelle mesure on peut envisager leur insertion sociale.

Le drame c’est que souvent ceux qui sont supposés effectuer des descentes dans la rue pour traquer les prostituées sont ceux-là qui s’en servent en toute impunité.

Que faire pour libérer les trottoirs ?

Germaine Mapanga
Les Echos du Congo Brazzaville

 

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