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Congo : les industriels du ciment agacés par les importations frauduleuses

Les industriels du ciment congolais ont demandé au gouvernement de mettre en place un mécanisme pour sauver l’industrie du ciment, menacée par la concurrence déloyale des importations illégales.

L’industrie du ciment connaît à ce jour un essor considérable en République du Congo, qui compte actuellement trois cimenteries fonctionnelles (Sonocc et Fospak, toutes deux Chinoises, et Cimaf) et deux autres en cours de construction. Cependant, les techniques frauduleuses utilisées par certains importateurs mettent à mal l’équilibre des prix sur le marché, ce qui menace l’industrie.

Selon ces industriels, les techniques les plus utilisées par les fraudeurs sont la fausse déclaration de la valeur à l’importation, la sous-déclaration des coûts de fret et de la valeur du FOB (Free On Board), la minimisation des quantités de ciment dans les déclarations d’importation et la vente au public du ciment exonéré qui est destiné aux marchés de l’Etat.

« Pour réduire les droits et taxes de douanes dont ils doivent s’acquitter, certains importateurs optent pour la sous-déclaration des coûts réels du fret et de la valeur du FOB ainsi que des quantités importées en profitant de l’absence de contrôle systématique par les douanes du poids de chaque navire à son arrivée par le relevé de draft initial avant déchargement et draft final après déchargement », soulignent les industriels.

L’autre technique de fraude utilisée par ces importateurs est la vente au secteur privé du ciment destiné aux marchés publics. Par ailleurs, certains importateurs négocient auprès des services concernés des facilités qui leur permettent de décharger directement leurs cargaisons à l’arrivée des navires avant d’établir les déclarations définitives.

En ce qui concerne la fraude sur la qualité, il n’existe au Congo aucune norme régissant la qualité du ciment, notamment pour ce qui est de sa tenue ou de la tolérance de poids du sac. Ce qui entraînerait des conséquences à court et moyen termes pour la sécurité des citoyens congolais, souvent victimes de l’effondrement de leurs édifices.

« L’utilisation d’un ciment de mauvaise qualité et l’absence d’une norme nationale sont particulièrement préjudiciables au moment où le Congo connaît de nombreux chantiers d’infrastructures et où les bâtiments de nos villes comptent de plus en plus de niveaux », précise Charles Kouassi, expert-consultant dans l’industrie du ciment.

CREER UN CADRE LEGAL POUR PRESERVER LES ACQUIS

C’est l’une des solutions envisagées par les industriels du ciment pour accompagner les stratégies de développement du secteur industriel visant à contribuer efficacement à la richesse nationale.

« Ces actions contribueront à la mise en place d’un système de prévention des fraudes et de régulation des importations de ciment au niveau des différentes administrations concernées, notamment les douanes, les finances, le commerce et l’industrie », indique l’expert.

Selon lui, l’Etat doit aussi exiger le contrôle des poids des navires à l’arrivée par un expert maritime nommé par les douanes, mettre un frein aux importations, et auditer les comptes, les déclarations douanières des coûts réels (CFR, FOB et fret) et les quantités déclarées de tout le ciment rendu au port autonome de Pointe-Noire, en accordant la priorité au ciment actuellement en stock.

De même, outre l’ouverture d’une enquête sur les circuits de distribution et les prix de vente pratiqués sur le marché, les industriels exigent l’organisation d’Etats généraux de l’industrie du ciment pour améliorer les perspectives du secteur, qui contribue à la diversification de l’économie, une priorité du gouvernement à l’heure actuelle.

Avec Xinhua

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One thought on “Congo : les industriels du ciment agacés par les importations frauduleuses

  1. Ne rêvons surtout pas , tous les Congolais savent ce qui se passe au pays, car les grands commerçants sont des parents de Sassou, de ses ministres, des membres de leurs familles et des étrangers , alors, qu’attendons nous d’eux ? Quand le patron de la douane gere le port comme une épicerie de famille à l’image du capo de la mafia au Congo, Mister eight. Au Congo c’est la loi de la jungle

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