home Congo, Politique Congo – Législatives 2017 : Les partis de la majorité pourront-ils consolider leurs relations avec le P.c.t?

Congo – Législatives 2017 : Les partis de la majorité pourront-ils consolider leurs relations avec le P.c.t?

A l’issue de la publication des élections locales, mardi 25 juillet 2017, et ceux du premier tour des législatives le 21 juillet, le P.c.t (Parti congolais du travail) a prouvé sa suprématie, en laissant loin derrière tous ses alliés. Mais, il va devoir composer avec eux et les indépendants dans les conseils municipaux et départementaux, pour élire leurs bureaux.

L’issue de ces élections pourrait-elle changer le rapport au sein de la majorité présidentielle où certains partis alliés se sentent frustrés par leurs maigres résultats  à ces élections?

La publication des élections locales et du premier tour des législatives suscite des débats et des grincements de dents au sein de certains partis politiques de la majorité présidentielle. Pourra-t-elle ouvrir, si l’on croit certaines langues, la voie à une recomposition de cette famille politique? En tout cas, ces élections donnent déjà une recomposition des forces et une certaine reconsidération des rapports au sein de la majorité. En raflant la plupart des sièges à l’assemble nationale et au sein des conseils départementaux, le P.c.t a gagné son pari, en se taillant la part du lion. Cet objectif s’est d’autant réalisé que le P.c.t est le principal bénéficiaire de ces élections. Il est, incontestablement, le maître du terrain, devançant de très loin ses principaux adversaires et alliés. De Pointe-Noire à Impfondo, le P.c.t a obtenu la majorité des conseillers départementaux: 18, dans le Kouilou; Niari (30), Lékoumou (13), Bouenza (20), Pool (28), Plateaux (43), Cuvette (98), Cuvette-Ouest (35), Sangha (59) et Likouala (33).

Dans les conseils municipaux, le P.c.t a la majorité à Brazzaville, avec 29 conseillers, Pointe-Noire (27) et toutes les communautés urbaines du Nord du pays. A Dolisie, il a obtenu 7 et 2 à Mossendjo. Une véritable raclée électorale. Ses alliés, comme le M.a.r et le R.d.p.s, ont su tirer l’épingle du jeu, en obtenant, pour le premier, 5 conseillers à Pointe-Noire, 11 dans le Kouilou et 8 dans le Niari, dont 2 à Dolisie et Brazzaville et 1 dans la Cuvette-Ouest. Le second, quant à lui, a obtenu 12 conseillers à Pointe-Noire, 7 au Kouilou, 3 au Niari, 3 dans la Bouenza, 1 dans la Lékoumou, 2 dans la Cuvette, 2 à Brazzaville et 1 dans la Sangha.

Le R.c (Rassemblement citoyen) a obtenu un conseiller dans le Pool, trois à Brazzaville et un dans la Bouenza. Comme à la députation, le MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral) a,une fois de plus, déçu et ne fait que s’enfoncer dans l’abîme. Une situation triste et regrettable pour ce parti qui a fait le beau temps des années 1990 où son leader, le feu Bernard Bakana Kolélas, a tant fait rêver, sans pour autant arriver à ses fins: la présidence de la République. Ce parti n’a obtenu que 3 conseillers dans le Pool, son fief électoral d’antan, 5 à Brazzaville, où Bernard Kolélas s’était fait élire comme maire de la ville en 1995, un conseiller dans la Cuvette-Ouest, 5 dans la Sangha, 1 à Pointe-Noire, 3 dans le Niari et 3  dans la Bouenza.

Du côté de l’opposition, c’est le statut quo, en dehors des indépendants de l’UDH-Yuki de Guy Brice Parfait Kolélas qui a fait une bonne percée à Pointe-Noire, dans le Pool et à Brazzaville. L’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) est en net recul avec 13 conseillers à Dolisie, comme en 2012, 2 à Brazzaville, 3 dans la Sangha, 5 à Pointe-Noire, 11 dans le Niari, 16 dans Bouenza, où le parti du Président Pascal Lissouba a fait son plus grand score, et 5 dans la Lékoumou.
La Copar (Convention des partis républicains), une plateforme de l’opposition modérée, dont quatre candidats sur 13 présentés sont en ballotage au deuxième tour des législatives, a fait des score plus ou moins appréciables aux locales, notamment le P.r.l (Parti libéral et républicain) de Nicéphore Antoine Thomas Saint Fylla, avec 8 conseillers dans le Pool et bien d’autres départements comme Brazzaville, Bouenza (2), Cuvette Ouest (1), Sangha (2), Likouala (1). Le CDR (Congrès pour la démocratie et la République) de Bonaventure Boudzika: 2 conseillers à Brazzaville, notamment à Makélékélé), M.h.n.l. de Michel Mbouissi-Ngouari, ancien candidat à l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016, a obtenu 2 conseillers dans la Bouenza, notamment à Mouyondzi.

Le RDD (Rassemblement pour la démocratie et le développement), qui avait suspendu sa relation avec le PCT, n’a obtenu que 2 conseillers dans la Cuvette. Tout comme la DRD (Dynamique pour la République et la démocratie) du ministre Hellot Matson Mampouya.

Pour les analystes, la bataille pour les élections des maires, notamment dans les communes du pays, se jouera à travers les alliances. D’ores et déjà, ce n’est pas un acquis pour le P.c.t, malgré sa suprématie. Il lui faudra batailler dur avec ses alliés, pour faire passer ses candidats. A suivre donc.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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