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Congo: le phénomène des «bébés noirs» perturbe le secteur de l’éducation

Image d’archive|© DR
Image d’archive|© DR

Après deux jours de tensions dues à l’agression des élèves par des bandits armés de machettes, communément appelés « Bébés noirs », les cours ont repris timidement ce 17 février dans ces établissements scolaires du 6e arrondissement de Brazzaville

Les élèves du lycée de la Révolution ont été surpris le 15 février lorsqu’un groupe de cinq jeunes détenant des armes blanches ont fait irruption au sein de cet établissement public, provoquant une panique générale qui a atteint le lycée et le CEG Antonio Agosthino Neto. En effet, ces bandits connus sous l’appellation de « Bébés noirs » ravissaient des sacs des jeunes filles contenant, entre autres, des téléphones portables, de l’argent, des cahiers.

Dépassés par cette agression en pleine journée, les élèves se sont constitués en groupe d’autodéfense pour affronter les ces jeunes, hors-la-loi. Selon des témoignages, l’un des agresseurs a eu la vie sauve grâce à l’intervention des policiers venus du commissariat central de la Tsiémé alors qu’à côté de cet établissement, il y a un autre poste de police. Annoncé mort sur le coup, le jeune « bébé noir» qui vivrait au quartier Ngamakosso, toujours dans l’arrondissement 6, serait dans un état critique après avoir été lapidé par des élèves.

Evitant les représailles, les trois établissements sont restés déserts le 16 février pendant toute la journée. Une fausse alerte a même paniqué les gens aux environs de 10 heures lorsque quelques clowns sont passés sur l’avenue principale avec des bâtons en mains. La situation est restée encore un peu tendue ce 17 février d’autant plus que la présence des policiers est visible au niveau des quatre portails. L’on signale également des interpellations de certains jeunes jugés suspects.

D’autres établissements scolaires en ligne de mire

La présence de ces jeunes qui opèrent souvent sans être inquiétés par les services de police est aussi signalée dans d’autres écoles publiques. Il s’agit, entre autres, du CEG Jacques Opangault et du lycée Thomas-Sankara, dans le 9e arrondissement, Djiri. A Thomas Sankara, par exemple, c’est en quelque sorte une collecte que les bandits ont instaurée : chaque élève devrait déposer dans une assiette argent et téléphones sous menace d’être agressé. Les passants aux heures de raquette ne sont pas eux aussi épargnés par le phénomène, car ils doivent également donner.

Les populations des quartiers périphériques inquiètes

Comme s’est achevée l’année 2015, 2016 commence sur les mêmes bases concernant l’insécurité due à la recrudescence du banditisme urbain, surtout à Brazzaville. En effet, après la neutralisation du phénomène « Kuluna » en provenance de la République démocratique du Congo (RDC) grâce à l’opération de police « Mbata Ya Bakolo », lancée en avril 2014, les Brazzavillois croyaient pouvoir vivre désormais aisément. Hélas ! La quiétude retrouvée n’a duré que le temps d’un feu de paille d’autant plus que ces violences périurbaines ont refait surface sous une autre appellation : « Bébés noirs ».

Il s’agit, en effet, des jeunes gens dont la majorité est composée des mineurs, opérant avec des armes blanches même en pleine journée parfois sans être inquiétés alors que les quartiers où ils sèment la terreur sont connus : Jacques Opangault et Kahounga à Talangaï et à Djiri, respectivement 6e et 9e arrondissement de Brazzaville, Cité des 17 dans le 7e arrondissement Mfilou et bien d’autres.

Dans leur mode opératoire, ces bandits de grand chemin agressent toute catégorie de personnes qu’ils rencontrent sur leur passage : femmes et hommes, en ravissant des objectifs jugés précieux. En cas de résistance de la présumée victime, ils n’hésitent pas à brandir des armes blanches, passant parfois à l’action.

Parfait Wilfried Douniama

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