Congo : le gouvernement qualifie de délire « Le génocide des Laris au Congo » de Dominique Kounkou

by Adiac-Congo | 29 octobre 2018 18 06 51 105110

Le génocide des Laris au Congo[1]

Les ministres s’adressant aux ambassadeurs

L’exécutif a dénoncé, le 29 octobre, lors d’une communication à l’endroit des ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques accrédités à Brazzaville, la campagne de désinformation orchestrée depuis la France autour de la publication de l’ouvrage paru aux éditions L’Harmattan, au titre qu’il a qualifié « d’ahurissant et proprement surréaliste ».

S’adressant aux diplomates sur un prétendu « Génocide des Laris au Congo », quatre ministres ont pris la parole à tour de rôle pour condamner des « mensonges aussi grossiers que grotesques », contenus dans le livre de Dominique Kounkou.

Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, qui était le premier à s’exprimer lors de la rencontre, a déclaré : « Le génocide des Laris au Congo de Dominique Kounkou n’est ni plus ni moins qu’une compilation de contre-vérités indigestes et d’absurdités absconses ». Estimant que cela a été écrit dans « le but inavoué d’attiser artificiellement des tensions identitaires et de souffler sur les braises de crispations ethniques qui n’existent nulle part, mais que l’auteur appelle de tous ses vœux », le chef de la diplomatie congolaise a dit que le gouvernement ne pouvait se taire devant « le grotesque de l’affabulation ».

Pour Jean-Claude Gakosso, dans un premier temps, les autorités du pays avaient cru bon de garder le silence et de laisser « les basses choses mourir de leur propre poison » mais la gravité des allégations portées gratuitement contre le gouvernement l’ont poussé à réagir. Le gouvernement ne pouvait que répondre à « un délire psychédélique qui vise à inoculer aux esprits naïfs ou fragiles le venin de la haine ethnique et de la stigmatisation grégaire », avec la complaisance de la Maison d’édition, a-t-il indiqué. « Vous avez suivi les péripéties de la situation dans le département du Pool. Vous avez vu arriver ici à Brazzaville et se rendre dans le département du Pool des missions diverses et variées », avec images à l’appui, a rappelé le ministre, citant celles des Nations unies, du HCR, de la Croix Rouge, de l’Union africaine, de l’Union européenne, des Etats-Unis d’Amérique, de la CIRGL, de l’UNSAC. Il a ajouté : « Aucun moment, aucune de ces missions n’a ni constaté ni même soupçonné l’existence d’un prétendu génocide (…) Bien au contraire, tous nos partenaires ont salué les efforts courageux » du président de la République, Denis Sassou N’Guesso, « de préserver les vies humaines », dans le conflit qui avait débuté en 2016 dans le Pool.

Le chef de la diplomatie congolaise a insisté sur le fait que tous les partenaires du Congo ont « salué l’initiative du gouvernement, soutenue » par les ambassadeurs en poste au Congo, « de tendre la main au pasteur Ntoumi et à ses hommes, et de travailler hardiment au retour définitif de la paix dans le département du Pool ». Ce qui, a t-il souligné, s’est matérialisé avec l’accord du 23 décembre 2017 dont les effets sont, selon lui, « salutaires dans le pays ».

 » Un poison dangereux « 

Le ministre de la Communication et des médias, Thierry Moungalla, a, pour sa part, longuement démontré la fausseté des allégations de Dominique Kounkou qui « attisent le feu de la haine et de la division ethnique » au Congo. « Le gouvernement n’est pas en train d’attenter à la liberté d’expression mais considère que l’auteur du livre n’a pas développé une opinion (…) mais qu’il prône exclusivement le tribalisme et la haine », a-t-il fait savoir, craignant que « ce poison » suscité par Dominique Kounkou ne puisse un jour « se transformer en massacre et violence ».

De leur côté, le ministre en charge de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, ainsi que celui de la Justice et des droits humains, Ange Aimé Wilfrid Bininga, ont souligné l’harmonie qui règne entre le peuple congolais et rappelé la politique du Congo en matière de promotion et de protection des droits humains tout comme des textes nationaux s’y rapportant. Parlant des différentes missions effectuées dans le pays et plus particulièrement dans le département du Pool, le ministre de la Justice a dit qu’à aucun moment, il n’a été question dans un rapport quelconque d’une situation particulière touchant aux droits de l’Homme au Congo, encore moins en matière de génocide. « Notre pays est en parfaite harmonie avec le système international et régional de protection et de promotion des droits de l’Homme », a-t-il affirmé, ajoutant que pour rétablir la vérité dans le cadre de cette affaire, le parquet général près la Cour suprême de Brazzaville a été saisi en vue d’engager une procédure judiciaire contre Dominique Kounkou et ses complices. 

Prenant la parole au nom des ambassadeurs, la doyenne du corps diplomatique accrédité au Congo, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Tchad, Kalzeube Neldikingar Madjimta, a pris « acte » de la communication et apprécié la démarche du gouvernement pour informer les diplomates sur ce sujet.

Nestor N’Gampoula

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