Congo : la crise économique contraste avec l’engouement pour l’alcool dans les principales villes

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À Brazzaville tout comme dans plusieurs grandes villes du Congo (Pointe-Noire, Dolisie ou Nkayi), les effets de la crise économique née de l’effondrement du prix du baril de pétrole n’épargnent personne au point où les administrations (publique et privée) et les commerçants, même ceux œuvrant dans le secteur informel, enregistrent une baisse de leurs activités.

Contraints pour certains de mettre la clé sous le paillasson voire de réduire leurs activités, les commerçants, même ceux spécialisés dans la vente des denrées alimentaires, ne savent plus à quel saint se vouer et attendent tous un rebond de l’économique pour espérer se relancer.

Mais malgré la crise devenue une rengaine pour tous les Congolais, même pour les chômeurs qui n’attendent rien d’un employeur, un palier de la consommation sort du lot en tirant son épingle du jeu, à savoir celui des boissons alcoolisées, précisément la bière. En témoigne la multiplication des débits de boisson et leur fort taux de pénétration dans les quartiers, même les plus enclavés de nos villes et villages.

Ces lieux de breuvage jonchent le long des rues et avenues au point où l’on ne peut parcourir dix mètres d’une ruelle pour trouver un coin, petit ou grand, pour se procurer le « précieux liquide », que d’aucuns assimilent à un calmant de nerf. 

« Il ne nous reste plus que la bière pour oublier les problèmes, surpasser les tracasseries de la vie devenue difficile, surtout pour nous la jeunesse vouée au chômage, même après avoir obtenu des diplômes », nous a déclaré un jeune, la vingtaine révolue, rencontré en compagnie de ses amis dans un bistrot à ciel ouvert à Brazzaville.

« Anwa a fwa, anwa vé a fwa. Anwa kaka ! », qui signifie « Tu bois, tu meurs; tu ne bois pas, tu meurs; alors buvons seulement », a lancé l’un d’eux en langue locale, visiblement un vrai disciple de bacchus, ajoutant: « Cela nous évite le stress face à la situation difficile à laquelle est confrontée aujourd’hui la jeunesse congolaise ». 

Tout le monde embarqué !

Travailleurs, chômeurs, sans emploi, élèves et étudiants, adultes ou jeunes, personne n’est épargné du charme de la bière qui coule à flot dans les « ngandas » devenus des lieux d’occupation qui rivalisent avec les églises de réveil, elles aussi écumant les rues et avenues.

Principale cible, les jeunes s’illustrent désormais comme les plus grands consommateurs de bière et autres boissons alcoolisées, notamment les whiskies frelatés en provenance du Cabinda et de l’Inde. Comme s’ils constituaient la substance de leur existence et du mieux-être, erreur ! Cette catégorie bat désormais le record des personnes qui s’adonnent à l’alcool, en dépit de ses multiples effets dans l’organisme humain. 

A l’origine, la vente promotionnelle de bière 

Née de l’implantation d’une deuxième brasserie au Congo, la concurrence entre brasseurs à la quête d’un plus grand marché d’écoulement de ce produit se révèle comme la cause de l’augmentation du taux de consommation de la bière.

Vendue à des prix défiant toute concurrence (trois bouteilles à 1000 FCFA), la bière dont le prix à l’unité oscillait entre 500 et 700 FCFA fait partie des denrées qui s’écoulent le plus facilement sur le marché, malgré la crise économique ayant conduit des milliers de ménages à changer les habitudes alimentaires. Il n’est plus rare de s’en procurer au prix dérisoire de 400 FCFA voire même 350 FCFA.

Pour s’en convaincre, les publicités des nouvelles marques de bière diffusées à longueur de journée sur les chaînes de télévision en sont la preuve. De même, la circulation des cargaisons entre Pointe-Noire / Brazzaville, le long des artères où sont déposées des palettes destinées à ravitailler les points de vente qui grouillent de monde sept jours sur sept en est une autre. 

Pour les tenanciers des bars, ces promotions venant des brasseurs leur permettent à la fois de booster les ventes et attirer davantage des clients, au regard de la multiplicité des « ngandas » de fortune dans les parcelles, alors qu’ils ne payent aucune taxe.

« Grâce aux ventes promotionnelles souvent organisées les week-ends par les brasseries, notre coin attire de plus en plus du monde qui peut boire autant de bières au prix réduit », nous a confié Armelle, gérante d’un petit bar à ciel ouvert couplé à la restauration.

La bataille des marques s’explique, en partie, par le faible marché d’écoulement de ces produits destinés essentiellement à la consommation locale.

Guy-Gervais Kitina

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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