Congo – Justice : Des leçons à tirer des procès Mokoko, Dabira et Mbemba

Jean-Marie Michel Mokoko, Norbert Dabira et Jean-Martin Mbemba

Accusés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, chef d’accusation abolie par la Constitution du 25 octobre 2015, Jean-Marie Michel Mokoko, Norbert Dabira et Jean-Martin Mbemba ont été condamnés.

Accusés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, chef d’accusation abolie par la Constitution du 25 octobre 2015, Jean-Marie Michel Mokoko, Norbert Dabira et Jean-Martin Mbemba ont été condamnés. La Cour criminelle a rendu des verdicts qui n’ont pas convaincu les Congolais qui semblaient connaitre à l’avance l’issue de ce procès que d’aucuns ont qualifié de politique. Une affirmation balayée par le ministère public!.

Tout a commencé avec Jean-Marie Michel Mokoko, 71 ans, inculpé pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et détention illégale d’armes et munitions de guerre. L’ancien candidat à la présidentielle de 2016 a été condamné à 20 ans de prison ferme. Jusqu’à la fin, il a nié les faits qui lui étaient imputés.

C’est le visage fermé que ce général de deuxième section a accueilli le verdict, regardant le président de la Cour dans les yeux, impassible, lui qui ne s’est quasiment pas exprimé au cours du procès. Il était avec ses accusés pour avoir ensemble tenté en 2006, 2007, 2015 ou 2016 de porter atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, «soit dans le but de détruire ou changer le Gouvernement, soit en incitant les citoyens à s’armer contre l’Etat congolais».

Au terme presque de deux années d’instruction, il a suffi d’un peu plus de quatre heures à l’accusation pour présenter les éléments censés démontrer la culpabilité du général. Mais un certain flou règne sur ce qui est reproché à Mokoko: seulement la cassette tournée en 2007 qui avait ressurgi en pleine campagne présidentielle?

Après le procès Mokoko, un autre officier général qui fut proche du président Denis Sassou-Nguesso était devant la barre. Norbert Dabira, 68 ans, était jugé, lui aussi, pour «atteinte à la sécurité intérieure de l’État». L’ancien inspecteur des Forces armées congolaises aurait ourdi un complot selon un plan qui consistait à «recruter deux tireurs d’élite ayant pour mission d’abattre le chef de l’Etat en tirant sur son aéronef soit au décollage, soit en plein vol, soit à l’atterrissage». Les faits remontent à 2017. Contrairement à Mokoko, Norbert Dabira n’a pas gardé le silence, il a parlé. Notamment de ses conversations téléphoniques avec un autre général de l’entourage du Chef de l’Etat, Ngatsé Nianga Mbouala. Au terme de cinq jours de procès, Norbert Dabira, ancien inspecteur des armées, a été condamné à 5 ans d’emprisonnement ferme avec interdiction d’exercer des activités politiques ou militaires. L’opinion s’attendait plutôt à une peine similaire ou plus lourde que celle infligée à Jean-Marie Michel Mokoko. Ses avocats congolais et français ont dénoncé un «règlement de compte politique maquillé en procédure judiciaire».

Un autre proche du président de la République, Jean-Martin Mbemba, a été condamné par contumace à 10 ans de détention criminelle. Il lui est reproché d’avoir, à Brazzaville courant 2013, commis le crime d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat dans le but, soit de détruire ou changer le Gouvernement, soit d’inciter les citoyens à s’armer contre l’Etat congolais en appelant à l’insurrection et à la désobéissance civile, soit en voulant déstabiliser les institutions dans le but de s’emparer du pouvoir. Là aussi, les preuves de l’accusation n’ont pas été démontrées ou prouvées par le ministère public. L’affaire a tourné en dérisoire pour se terminer par des condamnations.

Jean-Martin Mbemba n’était pas présent dans la salle d’audience; il a gardé le silence tout le long du procès.

La leçon à retenir, c’est que ces trois affaires portent sur un complot en vue de reverser, soit les institutions de la République soit tuer physiquement le chef de l’Etat en abattant son avion. Curieusement, le complot d’abattre le président de la République a été moins sanctionné. Il y a lieu de signaler que la justice a été «complaisante pour un accusé et sévère pour deux autres», pense un observateur de la vie politique qui n’hésite pas à parler d’une «justice à deux vitesses et à la solde des politiques. Où est alors l’indépendance de la justice que ne cessent de nous rappeler les magistrats?», s’est-il interrogé.

C.A.Y.-Ng.



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