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Congo : Jean-Marie Mokoko appelle au dialogue pour solutionner la crise post-électorale

Le général Jean-Marie Michel Mokoko|AFP
Le général Jean-Marie Michel Mokoko|AFP

Le général Jean Marie Michel Mokoko est toujours privé de ses mouvements, encerclé par les forces de l’ordre, dans sa villa de Brazzaville. Un mois après l’élection présidentielle au Congo, remportée par Denis Sassou-Nguesso, l’opposant appelle à la fin des violences dans la région du Pool.

Jean Marie Michel Mokoko dénonce l’encerclement de sa maison par les agents cagoulés du pouvoir, seul avec son aîné qui a la gentillesse de rester avec lui.  «Il y a un mois, j’ai fait sortir ma vieille mère afin qu’elle ne subisse pas ces événements. Je ne comprends pas pourquoi moi et un autre candidat à la présidentielle sommes en quelque sorte assigné à résidence surveillée, sans autre forme de procès. C’est très désagréable. Ces derniers jours, les choses se sont aggravées. Plus personne n’est autorisée à entrer ou sortir de chez moi », a déclaré le général Mokoko.

Le général dénonce le fait qu’il soit empêché d’aller chercher de la nourriture ou des médicaments à la pharmacie. «Comme lors des sièges du Moyen-âge, on cherche à m’affamer. Ça n’a pas de sens. Et ce n’est pas ce genre de manœuvre qui va résoudre les problèmes de fond du Congo», ajoute l’opposant.

Mais rien n’entame la détermination de l’ancien conseiller de Denis Sassou Nguesso. Pour lui, rien ne lui fera reconnaître une élection qu’il conteste.

« Je conteste les résultats de l’élection présidentielle car ils ne sont pas conformes à la réalité des urnes. Quand je me suis présenté comme candidat, j’ai insisté sur l’importance de la sincérité du scrutin. J’ai une certaine expérience en la matière, pour avoir organisé plusieurs élections, comme récemment en République centrafricaine. Je sais ce qu’est une commission électorale indépendante. Or, le scrutin n’a pas été sincère. C’est pour cela que je le conteste », a déclaré Jean-Marie Mokoko.

L’ex général de l’armée dément avoir l’intention de prendre le pouvoir par la force en faisant descendre la population dans la rue. Il dénonce des procès staliniens pour chercher à le discréditer.

« Je n’ai pas appelé à la violence mais à la désobéissance civile. Je n’ai pas demandé que les Congolais descendent dans la rue mais qu’ils observent une journée de ville morte en restant chez eux. C’est la manifestation la plus pacifique qui soit. Car je ne suis pas partisan de la violence. Le Congo a tellement souffert depuis son indépendance. On est toujours en train de panser les plaies des violences de 1997, notamment dans la région du Pool », a-t-il dit.

Le candidat « malheureux » à la présidentielle dénonce de nouvelles exactions notamment des bombardements des forces gouvernementales dans le Pool, avec des hélicoptères de combat. 

« Il y des dégâts et certainement aussi des pertes humaines. Une chape de peur s’est abattue sur le Congo. Mais ce n’est pas parce qu’on contrôle l’armée et la police qu’on peut diriger sereinement un pays », avance-t-il.

Le général Mokoko estime que la solution à la crise post-électorale passe par un dialogue qui doit amener à l’arrêt des violences dans le Pool et à trouver des solutions pour une gestion démocratique du pays. 

Mokoko appelle l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie ou l’ONU à intéresser à ce qui se passe au Congo. 

« De part et d’autre, il faut dépasser les postures individuelles pour songer à l’intérêt de tous. De mon côté, je suis serein. Comme l’ont montré mes actions passées, j’ai toujours été opposé à la violence et je suis sûr qu’on peut construire l’avenir du Congo sans le recours aux armes », conclu Jean-Marie Mokoko.

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