Congo : Grogne des vendeurs de la boisson locale «tcham»

Congo : Grogne des vendeurs de la boisson locale «tcham»
Une vue des productteur du tcham à Owando

Une vue des producteurs du tcham à Owando

Les détaillants et vendeurs de la boisson locale appelée « Tcham » envisagent d’interrompre sa commercialisation à Brazzaville. Cette menace fait suite à la décision récemment prise par les producteurs d’augmenter le prix de vente d’un litre de cette boisson locale à 400 FCfa contre 200 FCfa actuellement.

« Si la décision des producteurs persiste, nous allons arrêter la commercialisation de cette boisson jusqu’à nouvel ordre. Parce que, ce sera un manque à gagner pour nous. Car, en dehors du prix d’achat d’un bidon à six mille francs CFA, nous faisons face aux frais de transport qui nous reviennent à mille francs CFA pour un bidon », a déclaré Marie Okemba, une vendeuse.

Elle ajoute que la décision a été prise unilatéralement par les producteurs des localités d’Oyo, dans le Département de la Cuvette, d’Ossio et de Gamboma, dans les Plateaux. Selon le président de l’une des associations des consommateurs de Tcham, Willy Olo, la décision prise par les récolteurs d’augmenter le prix serait également appuyée par certains vendeurs brazzavillois. Elle se fonde sur le fait que par le passé cette boisson n’était pas vendue dans les grandes villes et n’attirait pas assez de monde.

Mais aujourd’hui, elle est commercialisée dans tous les Département du pays et les jeunes Congolais manifestent un grand engouement pour cet alcool local. Par contre, certains consommateurs, manifestant leur mécontentement, ont également pointé du doigt les vendeurs qui, très souvent seraient animés par un esprit de mauvaise foi. Car, selon eux, ces derniers, animés du désir d’avoir plus de bénéfice, augmenteraient le volume de chaque bidon de 25 litres en y ajoutant de l’eau. Ces pratiques dénaturent le goût original du produit, ont constaté des témoins.

« Nous sommes contre ces techniques commerciales parce que, cette boisson pour arriver à Brazzaville traverse déjà de longues distances et parfois est mal conservée. Cela ne satisfait plus à nos attentes et constitue un grand danger pour notre santé », a déploré Jean Akety, l’un des consommateurs habitant à Talangai, dans le sixième arrondissement.

«un bon Tcham rafraîchit, stimule l’appétit, favorise les fonctions urinaires et maintien l’homme en bonne forme», a-t-il fait savoir. « Le premier prix était à la portée de toutes les bourses du pays. À Brazzaville, un bidon de 25 litres coutait 6.000 FCFA alors que dans les zones de production il revenait à 3.000 FCFA. Celui d’un litre était de 200 FCFA. Avec l’augmentation envisagée, le bidon coûtera 4.500 FCFA dans les lieux de récolte et 8.000 FCFA à Brazzaville et le litre 400 FCFA », a déploré Félix Olo, un ancien consommateur. Notons que le Tcham est un breuvage artisanal issu d’une espèce de palmier raphia sesé que l’on trouve dans les forêts marécageuses. Il se consomme chaud. 

© Adiac-Congo


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