home Brazzaville, Congo Congo – Fonction publique : les députés indignés des conditions de travail du personnel

Congo – Fonction publique : les députés indignés des conditions de travail du personnel

Le service de révision des situations et de reconstitution des carrières administratives
Le service de révision des situations et de reconstitution des carrières administratives

Les membres de la commission Economie et finances de l’Assemblée nationale ont effectué, le 8 décembre à Brazzaville, une enquête parlementaire au ministère de la Fonction publique. Constat : la pléthore des agents dans tous les services.

C’est à la suite d’un plaidoyer du ministre de la Fonction publique, Gilbert Mokoki que la délégation de la chambre basse du Parlement a effectué cette descente. Sur les lieux, le constat est amer : insuffisance de bureaux, manque du matériel de bureau, mauvaise gestion des dossiers, manque d’électricité dans la plupart des bureaux, bâtiments vétustes, etc.

Le ministère de la Fonction publique compte au total 2000 agents. Dans tous les services le décor est le même : les fonctionnaires travaillent dans de très mauvaises conditions. Par exemple, le service de révision des situations et de reconstitution des carrières administratives comptent officiellement 700 agents, environ 200 viennent régulièrement, mais qui ne peuvent tous travailler à cause du manque de places assises. Conséquence : Nombreux trainent à l’extérieur et le ministère ne peut donc tirer profit de cette manne intellectuelle.

« Nous n’arrivons pas à travailler parce que les conditions ne nous le permettent pas. Les dossiers sont entassés à même le sol. 70 personnes travaillent sur 30 chaises. C’est vraiment impossible qu’on travaille dans ces conditions. Quand les gens viennent au travail certains sont assis et d’autres debout, d’autres par contre trainent à l’extérieur. Nous travaillons dans l’obscurité et il n’y a même pas de ventilateur », a déclaré un fonctionnaire, exprimant son ras- le -bol. Et un autre de dire son mécontentement : « Il n’y a pas de bureau, ni de meubles pour garder les dossiers. Il n’y a rien ici. Je ne sais même pas si cela est digne d’être appelé ministère. C’est regrettable ».

Dans un bâtiment en état de délabrement avancé, les bureaux initialement prévus ne répondent plus au besoin du personnel. Dans certains bureaux, on se croirait dans une salle de classe. Là, même les couloirs font office de bureau. Ainsi, il est difficile de circuler dans ce ministère, où agents et usagers se confondent. La gestion des fichiers demeure également un problème, car il n’est pas facile de retrouver un dossier. Pour cause : tous les dossiers sont entassés dans de mauvaises conditions sans aucun indice de référence. D’où la nécessité de réorganiser la fonction publique ainsi que son fichier.

« Nous travaillons sous pression, parce que les gens qui arrivent, veulent trouver dans l’immédiat, solution à leur problème. Le plus souvent il se pose le problème d’encre, de machines et même de places pour s’asseoir. C’est compliqué. Il faut attendre que l’un se lève pour que l’autre remplace », a déclaré le directeur général de la Fonction publique, Emmanuel Obami. Sur l’effectif actuel des fonctionnaires le directeur général est hésitant : « Notre dernier recensement date de 2008, et tout à évolué. Nous avons toujours estimé qu’il y a 70.000, ou 80.000 fonctionnaires mais nous le lançons comme ça sans preuve. Voilà pourquoi dans les préoccupations du ministre, il y a le recensement général de la fonction publique qui figure en première ligne ». A propos de l’harmonisation des fichiers entre le ministère de la Fonction publique et celui en charge des Finances, Emmanuel Obami a fait savoir que : « Le problème est que notre fichier n’est pas informatisé. La solde nous aide beaucoup par exemple dans les états prévisionnels de mise à la retraite. On se fie au fichier du ministère des Finances, car le nôtre n’est pas à jour. Depuis 1992 tous ceux qui ont été recrutés n’ont pas de dossiers à la Fonction publique ».

Fort de ce constat, les députés ont jugé urgent d’accélérer la mise en œuvre du projet de construction de ce ministère à l’instar de celui de la Justice. Pour répondre aux besoins prioritaires de ce ministère, les élus du peuple ont pensé à l’octroi des crédits pour améliorer les conditions de travail des agents.« Au regard de ce que nous venons de constater, il y aura certainement des choses à réajuster dans l’examen du projet de loi de Finances exercice 2016. Ce qui est marquant c’est que les agents sont assis sur les dossiers. On ne peut donc retrouver un dossier dans ces conditions. C’est scandaleux. Il va falloir faire quelque chose », a conclu le député Venance Mania.

Josiane Mambou Loukoula

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