Congo : En attendant le budget, on mouline les bonnes intentions

 

Isidore Mvouba

Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale

La session budgétaire ouverte par Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale, le 16 octobre dernier, a été caractérisée par la curiosité de ne pas se tenir en face de chiffres et de faits. Le budget 2018 ne sera en effet débattu qu’après le recadrage «de commun accord» qu’entend y apporter le Fonds monétaire international, actuellement en discussions avec le Congo sur la santé de son économie et la véracité des indicateurs fournis.

C’est pourquoi, le 16 octobre, la séance a été plutôt une sorte de playback des députés, une simulation et une proclamation de bonnes intentions.
Tout en reconnaissant les difficultés actuelles que traverse le pays, le président de l’Assemblée nationale a reconnu que parler du Congo en ces temps de crise n’était pas aisé. «Le peuple, qui a placé sa confiance en nous, a son regard tourné vers l’hémicycle. Il veut savoir des questions autour desquelles vont tourner nos débats. Le peuple a hâte de sortir de la situation économique difficile qu’il traverse aujourd’hui», a indiqué Isidore Mvouba.

Pour les sénateurs, cette session budgétaire a été comme un test décisif à partir duquel il s’agira de juger la bonne foi des élus qui, lors de leur session inaugurale, avaient proclamé leur engagement à porter un souffle novateur dans la vie du Sénat. Ils s’étaient donnés comme principes réaffirmés : la rigueur, l’efficacité, la créativité et une stricte observation de la règle pour un apport significatif à la promotion de la bonne gouvernance et de la démocratie.

 

Ils s’étaient engagés à parler vrai. Et pour parler vrai, Pierre Ngolo, président du Sénat et ci-devant Secrétaire général du PCT (Parti congolais du travail), le parti dominant de la scène politique congolaise, a demandé aux sénateurs de décider en toute conscience, afin de mettre les Congolais à l’abri de la manipulation et de l’intoxication que mènent sans scrupule, selon lui, quelques politiques décidés à exploiter les souffrances populaires à des fins inavouées.

«Que nos délibérations, résultantes d’une analyse froide de la réalité objective de notre environnement, soient de nature à redonner espoir à nos concitoyens, en sécurisant leur lendemain», a-t-il affirmé. Il a appelé au sursaut patriotique, en soutenant que la crise qui frappe le Congo aujourd’hui était maîtrisable.

«Notre pays a tous les atouts pour la surmonter. Dans cette perspective, la démarche engagée par le Gouvernement à l’endroit du FMI et qui se situe dans l’approche de la CEMAC, est à soutenir. Le Sénat s’impliquera pour l’aboutissement de l’accord avec le FMI tout comme il veillera à ce que son exécution se fasse sans entrave», a promis Pierre Ngolo.

Face à la crise sécuritaire et humanitaire dans le Pool, le président du Sénat a marqué la détermination de son institution à accompagner toutes les initiatives qui tendraient à rétablir la paix dans ce département. «Le Pool, département congolais comme d’autres, ne se construira pas et ne se développera pas en marge de la perspective nationale», a-t-il signifié.

A rappeler que sur cette question, le principal parti de l’opposition, l’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale), a fait lui aussi des propositions de sortie de crise. Pascal Tsaty Mabiala, son secrétaire général, dénonçait, il y a quelques jours, une situation dans le Pool «qui se transforme honteusement en lieu de rackets organisés par la Force publique». Il suggérait la tenue d’un dialogue national avec la participation de Ntumi auquel le Gouvernement accorderait des garanties de sécurité pour sa sortie de forêt.

 Cyr Armel
YABBAT-NGO

 


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