Congo – Éducation : troubles au lycée Pointe-Noire 2

 

La cour du lycée Pointe-Noire2 déserte (Adiac)

La cour du lycée Pointe-Noire2 déserte (Adiac)

Les cours ont été suspendus dans l’établissement l’après-midi du 3 novembre. Pour cause, l’intervention de la police suite à l’interpellation de deux élèves présumés agresseurs de leur collègue a occasionné des troubles qui ont conduit l’admission de plusieurs élèves au service d’urgence de l’Hôpital général Adolphe-Sicé.

Depuis les premières heures de la matinée, le lycée a été quadrillé par les éléments de la police. Le proviseur, Elaston Achile Guimbi, a décidé de suspendre les cours pour observer une accalmie. Interrogé par notre rédaction, il a fait le récit des faits. « Le 31 octobre, il y a eu une bagarre entre deux élèves du lycée, l’’un d’eux, l’enfant d’un adjudant s’est blessé. Au lieu de se rapprocher de la direction de l’école, il a appelé son père. Celui-ci est venu nous voir et nous avons pu payer les premiers soins de l’enfant à l’hôpital militaire. Nous avons  dit au parent, étant donné que ces agresseurs sont partis, le jeudi nous allons tout faire pour les repérer puisque ton fils les reconnaît. Le jeudi donc, l’enfant agressé ne s’est pas présenté dans nos bureaux et moi, en tant que proviseur, suis passé de classe en classe pour réconscientiser les élèves parce que la violence n’est pas autorisée à l’école et partout », a –t-il indiqué mais, malheureusement à 12h, le parent de l’élève est arrivé devant le portail avec les frères du jeune agressé.

 « A notre insu, ils sont rentrés et son fils a désigné les présumés offenseurs. Les élèves ont tenté, par solidarité, de les arrêter. Il y a eu encore une bagarre entre eux et à la même occasion, l’adjudant n’a pas pu contenir la foule qui était encore fâchée et son enfant s’est à nouveau blessé. Nous lui avons rappelé que l’administration a pris ce problème en main, et il a  promis de nous soutenir pour éradiquer ce phénomène de violence à l’école. Le parents a reconnu son tort », a poursuivi le proviseur.

 

Elaston Achille Guimbi a cependant souligné que « contre toute attente, vendredi, son épouse et son cadet sont venus menacer verbalement les autorités de l’école, notamment le Directeur des études, promettant d’amener l’affaire chez le procureur et nous avons dit que c’était la meilleure solution. Les deux sont repartis. Quelques instants après, ce même adjudant revient en tenue militaire. Je pensais que c’était pour engager la procédure, mais pendant que nous étions avec son père, l’enfant a reconnu ses agresseurs qui faisaient l’EPS. Les deux ont nié les faits. Le parent a insisté qu’il faut aller à la police, c’est ainsi qu’il est allé prendre ses amis militaires pour embarquer les deux élèves. Nous nous sommes mis débout, les élèves se sont révoltés. Les deux élèves ont été conduits au commissariat de Lumumba. Pendant que les élèves s’agitaient, la police est arrivée pour sécuriser les abords de l’établissement.» 

Recevant les jets de pierre des élèves indignés suite à la restation de leurs collègues, la police a utilisé le gaz lacrymogène pour disperser la foule. Malheureusement, plus de cinq élèves ont été admis aux urgences de l’hôpital général Adolphe-Sicé. La plus jeune, Euloge Itoua de la classe de 1ereD, a été conduite au service de réanimation de la pédiatrie. Les médecins ont toutefois assuré que son état n’était pas critique.

Selon les dernières informations, les présumés agresseurs conduits au commissariat de Lumumba ont été libérés, l’affaire ne concernant pas la police.

Charlem Léa Legnoki

 

Adiac-Congo

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L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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