Congo – Cuba : L’étudiant congolais porté disparu a été retrouvé, mais torturé par les services cubains

Congo – Cuba : L’étudiant congolais porté disparu a été retrouvé, mais torturé par les services cubains

Me Thomas Djolani

Me Thomas Djolani

Après le battage médiatique fait par Me Thomas Djolani, avocat de la famille Niombo, l’étudiant congolais porté disparu à La Havane, capitale de Cuba, a été libéré, le jeudi 5 février 2015, à 9h du matin. Agé de vingt ans, Loïc Junior Niombo dit avoir été détenu par les services de la sécurité d’Etat et qu’il a été torturé pendant sa détention.

L’étudiant en médecine subit, par ailleurs, la pression des agents de la sécurité d’Etat cubains, «en vue d’inventer une version contradictoire de son enlèvement». C’est ce qu’a révélé Me Djolani, dans un nouveau point de presse qu’il a donné, mardi 11 février 2015, à Brazzaville. A cet effet, l’avocat a demandé aux autorités congolaises, particulièrement  au Ministère de la santé et de la population, «le rapatriement, dans l’immédiat, de Loïc Junior Niombo, à Brazzaville».

Selon Me Djolani, après sa libération, Loïc Niombo Junior a envoyé un message à sa famille, sur les pressions qu’il subit de la part des agents de la sécurité d’Etat cubains. Il a raconté sa mésaventure, en ces termes: «Il était 9h du matin, au lendemain de mon retour à La Havane, relaxé par mes geôliers. La gouvernante de ma résidence universitaire est venue m’informer que quatre membres de la sécurité d’Etat cubains voulaient discuter avec moi. J’y suis allé avec mon ami, Smaichel Dzenguelé, à qui ils ont demandé de rester dans le couloir, pour m’attendre. Je me suis retrouvé dans un bureau avec les agents de sécurité, qui ne voulaient pas m’écouter, parce qu’ils disaient que cette histoire serait grave, si elle arrivait au niveau international. Ils m’ont mis une pression intolérable de démentir, en disant à mes amis que j’étais allé m’amuser, si je ne voulais pas repartir en prison à Condensa, avec mes cinq amis d’infortune qui y avaient séjourné avec moi, en décembre 2014. Ils m’ont même influencé de dire à mon père de cesser d’en parler dans mon pays et de ne pas entamer des procédures judiciaires. J’ai refusé de démentir. Puisqu’ils insistaient, j’étais contraint d’inventer une histoire dont ils me dictaient les premières lignes, en me donnant des directives et m’ont obligé de signer. J’ai mis une fausse signature, prenant ma pièce d’identité, ils ont recopié les données qu’elle contenait. Fâchés, ils m’ont demandé de refaire un autre document avec ma vraie signature, et j’ai dû le faire sous leurs menaces.  Quand j’ai fini de faire la nouvelle déclaration, les agents de la sécurité d’Etat l’ont saisie et imprimée. Ensuite, ils m’ont dit de ne pas dire ce qui s’est passé, sinon je repartirais en prison, tout en me demandant de tenir une réunion avec tous les étudiants. Ils ont promis de vérifier, si j’ai fait ce démenti».

«Sorti de cet interrogatoire, j’étais déçu et traumatisé. Pendant que j’étais séquestré, les agents de la sécurité d’Etat cubains ont menacé mes amis, notamment ceux qui étaient en prison avec moi, en les accusant de m’avoir caché. Lundi 9 février 2015, j’ai été convoqué au bureau des relations internationales de mon école et entretenu par les membres de l’ambassade, notamment le conseiller de l’ambassadeur, l’attaché de défense, le réceptionniste. La vice-recteur de l’école de médecine ainsi que mon ami Smaichel Dzenguelé étaient présents. Le conseiller m’a demandé de raconter les faits, à la demande de l’ambassadeur. Je lui ai dit que je souhaitais commencer par parler de ma sortie de la prison de Condensa, avec mes cinq autres amis. Mais hélas, la vice-recteur ne m’a pas laissé parler plus de trois minutes et m’a interrompu, en disant que les agents de la sécurité d’Etat lui ont parlé de la déclaration que j’avais faite et que mes propos ne concordaient pas avec ce que je disais. Elle a, immédiatement, mis un terme à la conversation. En ajoutant que des preuves existent pour démontrer mes déplacements du 19 janvier 2015».

Concluant sa déclaration, le jeune Loïc Niombo a affirmé: «Je suis certain que l’ambassadeur congolais et les agents de la sécurité d’Etat cubains doivent connaître les motivations profondes de mon kidnapping et mon transfert dans une ville située à 200 km de La Havane. En période d’examen, je n’avais aucun intérêt à me déplacer… Un jeune garçon de 20 ans va réagir ainsi et partir vers une autre province éloignée de La Havane, sans argent, ni même les moindres affaires, bagages, j’avais, uniquement, un maillot de corps et des gouttes de sang».

Eu égard à cela, Me Thomas Djolani s’est indigné: «Même si Junior a été retrouvé, est-ce que nous pouvons nous réjouir? Je ne pense pas, avec tout ce qu’il subit, si nous pouvons revoir cet enfant dans tous ses états. Nous avons la crainte de le voir perdu, traumatisé, il doit être soigné, physiquement et moralement». L’avocat a, ensuite, sollicité les autorités nationales d’interpeller l’ambassadeur du Congo à Cuba, au cas contraire, la Conadho, une O.n.g de défense des droits de l’homme, saisira les instances internationales, pour séquestration et torture, un crime puni par la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, signée et ratifiée par les deux pays, le Congo et Cuba.

LASEMAINEAFRICAINE


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