Congo – Crise du Pool : Confusion au quartier Ngampoko, à la suite d’une attaque ninja-nsiloulou

Congo – Crise du Pool : Confusion au quartier Ngampoko, à la suite d’une attaque ninja-nsiloulou

La confusion a régné à Ngampoko, un quartier de la périphérie Sud de Brazzaville, après Mayanga, vers Goma Tsé-Tsé, à la suite d’une attaque armée des ninjas-nsiloulous conduits, selon des témoins, par Pablo (de son vrai nom Malonga Alain) et un autre ninja-nsiloulou répondant au nom de Fouki, un habitant de Ngampoko qui a rejoint depuis les rangs des hommes de Ntumi.

En effet, dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 mai dernier, des rafales d’armes légères, suivies de détonations lourdes, ont retenti du côté de Ngampoko où l’armée avait installé une grande ligne de défense, avec des tranchées. Conséquence: mardi 16 mai, les habitants de ce quartier ont fui leurs maisons, pour se réfugier à Mayanga et dans les autres quartiers de la capitale. Malheureusement, l’on déplore le pillage des boutiques et de certaines habitations à Ngampoko. Aucune communication officielle n’a été faite à la suite de ces incidents ou affrontements, dont on ignore le bilan.

La psychose a de nouveau régné dans les quartiers de la périphérie Sud de Brazzaville, au début de cette semaine. Depuis quelques jours, la rumeur courait faisant état d’une attaque ninja-nsiloulou dans la capitale. Traqués pourtant depuis un an par la Force publique, dans les forêts, savanes et villages du Pool, les hommes de Ntumi font parler d’eux maintenant dans la ville-capitale. Que s’est-il passé pour que Ntumi, qu’on dit pourtant affaibli, soit aujourd’hui capable d’envoyer ses hommes terroriser la capitale?

En tout cas, suivant l’effet boule de neige, les agents de la Force publique dressent des bouchons de sécurité la nuit, dans certains quartiers, à la recherche d’armes de guerre, en fouillant les véhicules. L’opération s’est même corsée, puisqu’il semble s’agir, maintenant, de la recherche des ninjas-nsiloulous qui se seraient infiltrés dans la ville, pour une éventuelle attaque, suivant la rumeur. Malgré les mesures de sécurité prises, ce qui se dit dans la rumeur semble se réaliser. Les pouvoirs publics ne communiquent pas, plongeant ainsi les citadins dans la confusion et la psychose.

C’est dans un tel climat que survient le pire, comme les habitants de Ngampoko l’ont vécu au début de cette semaine. En somme, l’histoire se répète dramatiquement, avec les mêmes faits: crépitement d’armes de guerre, morts, pillages… Le destin de ces populations ne change pas, depuis vingt ans. Les citadins, qui subissent dans leur vie quotidienne les tracasseries de cette pression sécuritaire, ne savent plus à quel saint se vouer. La ville doit être sécurisée, bien sûr, comme d’ailleurs le reste du territoire national, mais cela peut se faire avec une dimension pédagogique où les pouvoirs publics disent aux habitants ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils ne doivent pas faire. Le gouvernement peut même instaurer un couvre-feu, si la nécessité de sécuriser la ville l’oblige. On peut demander aux habitants de circuler, dorénavant, avec leurs pièces d’identité, etc. Or, sans information, la rumeur prend place, avec son côté dramatisant.

Selon des témoignages, Ngampoko est maintenant un quartier vide. Au rythme où vont les rumeurs et sans réaction connue des pouvoirs publics, on ne sait pas pendant combien de temps les quartiers périphériques de la capitale vont tenir encore.

Ainsi, le mandat d’arrêt lancé contre Ntumi et deux de ses proches, à la suite de l’attaque des quartiers Sud de Brazzaville, le 4 avril 2016, est en train de se transformer en une crise armée qui pourrait toucher la capitale. Comment peut-on expliquer cela? Il est vrai qu’on est en présence d’une guerre asymétrique, mais celle-ci va-t-elle se retourner contre la République? Va-t-on laisser la menace peser sur la ville-capitale? La réponse sécuritaire ne dispense pas de poursuivre les efforts politiques, pour apaiser le climat social.

Joël NSONI



1 comment

Write a comment
  1. dédé
    dédé 28 mai, 2017, 09:54

    bonne analyse

    Reply this comment

Write a Comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*

Aller à la barre d’outils