Congo : Clément Mouamba est incapable et a peur de lutter contre la corruption, selon Pascal Tsaty Mabiala

by Ici Brazza | 5 août 2018 11 11 53 08538

le Premier ministre, Clément Mouamba[1]

Le Premier ministre, Clément Mouamba

Le silence complice de la justice congolaise dans la lutte contre la corruption ? Lors de la séance de questions orales au gouvernement avec débat à l’Assemblée nationale, le député (Upads/opposition) Pascal Tsaty Mabiala est revenu sur le fléau de la corruption qui gangrène l’administration et les différents organes de l’Etat.

Selon le chef de l’opposition congolaise, le premier ministre Clément Mouamba est conscient de la propagation de la corruption mais ne dispose pas d’un programme de réforme capable de combattre ce fléau et de taper dans la fourmilière.

«Si j’étais premier ministre comme vous, je devrais demander à Christel Sassou Nguesso qui est fonctionnaire, dites-moi d’où vous tirer vos revenus et votre fortune au moment où l’on parle effectivement de la transparence. Vous avez peur de vous attaquer réellement à la corruption et vous tourner autour du pot », a déclaré le député de Loudima, sans langue de bois.

«Dans tous les pays du monde, un fonctionnaire, quel que soit son patronyme, doit justifier ce qu’il fait. Vous êtes donc complice du détournement des deniers publics », a martelé Pascal Tsaty Mabiala tout en demandant au premier ministre de « taper dans la fourmilière ».

Un contemporain disait déjà: « Ce n’est pas parce que les pays sont riches et développés que la justice est forte, c’est plutôt parce que la justice est forte que les pays sont riches et développés». En effet, la justice est, par définition, un service public distribué à travers les cours et les tribunaux de la République. Par conséquent, il est de la responsabilité de l’État de rendre la justice de manière institutionnalisée et indépendante du pouvoir politique. Et, surtout, une justice saine et équitable qui ne privilégie pas les nantis.

On rappelle que le Congo est classé au bas de l’échelle en 2017 en ce qui concerne le marqueur de perception de la corruption de Transparency International. Notre pays occupe, en effet, le 159e rang sur 177 pays, et dans l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique, nous sommes classés 42e sur 54 pays.

Les structures anticorruption mises en place par le Congo n’ont pas fourni des résultats escomptés, au bout de plusieurs années d’exercice.

Il est devenu de plus en plus ardu d’obtenir normalement un document administratif ou un service dans les délais normalement impartis. Tout recours à l’administration publique ou privée pour un papier ou une pièce spécifique, voire un service dont la délivrance est censée être régentée, du type passeport, carte d’identité, intervention des forces de sécurité, un poste budgétaire, une facture au Trésor public, nécessite un pot-de-vin.

A quelques exceptions près, la corruption est devenue endémique au Congo-Brazzaville et sévit à toutes les étapes de quelque processus que ce soit, particulièrement lorsque de fortes sommes sont en jeu.

La corruption et ses infractions connexes ou assimilées comme la concussion, le trafic d’influence, la soustraction et le détournement des biens, la gestion frauduleuse, l’enrichissement illicite, le favoritisme, la prise illégale d’intérêt, les abus des biens sociaux et le blanchiment des capitaux constituent un obstacle à l’éradication de la pauvreté et sape la capacité du pays d’atteindre ses objectifs du développement.

Le 31 juillet 2016, le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, Lamyr Nguelé, a accusé le Parquet de Brazzaville de ne pas engager les poursuites judiciaires contre les tierces sur certains dossiers avérés.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo Brazzaville 

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