Congo : Clément Mierassa demande au Premier ministre de prendre le taureau par les cornes

Clément Mierassa

Le président du Parti social-démocrate congolais Clément Mierassa

Le président du Parti social-démocrate congolais (PSDC) invite le chef du gouvernement, Clément Mouamba, à poser des actes concrets contre la corruption au lieu de se contenter, au cours d’une conférence de presse, d’un simple soutien à la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude. 

Clément Mierassa fait allusion à l’échange que le Premier ministre a eu, le 31 août dernier, avec la presse. Au cours de cet échange, en effet, le chef du gouvernement avait salué le travail de la Commission nationale de lutte contre la corruption, précisant que ce n’était pas à cette structure de qualifier les faits après ses enquêtes mais que cela relevait de la justice. Dans un entretien accordé aux Dépêches de Brazzaville, le 5 septembre, le président du PSDC a indiqué que la corruption est aujourd’hui le cancer de l’économie congolaise et le développement du pays n’est pas possible si ce mal n’est pas attaqué efficacement. « Le Congo est l’un des pays les plus corrompus du monde. Notre indice de corruption a jusque-là été inférieur à 3/100, c’est-à-dire à 3/10 c’est vraiment une très mauvaise note », a-t-il laissé entendre.

Le président du PSDC s’est, en outre, interrogé sur l’importance du nouveau Plan national de développement si, d’une part, un combat n’est pas mené contre les antivaleurs et, d’autre part, une attention particulière n’est pas accordée à la lutte contre la pauvreté, estimant qu’il y a une corrélation entre les deux aspects.

« Aujourd’hui, avec la grave crise multidimensionnelle que nous traversons, l’une des priorités est la lutte contre les antivaleurs mais nous sentons que le gouvernement est bloqué sur ce point. Où en sommes-nous avec les fonds alloués à l’agriculture, à la formation au ministère des Hydrocarbures, à ceux versés dans un des comptes à la LCB ? C’est un peu tout ce débat que les Congolais attendent. Il y a trop de déclarations sur la lutte contre la corruption et très peu d’actes concrets. Le Premier ministre est tenu de prendre le taureau par les cornes pour ce qui est de la lutte contre les antivaleurs en s’adressant à la justice », a-t-il renchéri.

Pour Clément Mierassa, le Premier ministre n’a pas besoin de soutenir la Commission nationale de lutte contre la corruption qui est une structure relevant de sa compétence avec des attributions claires. La grande question, a-t-il signifié, c’est celle de sa transparence qui doit être totale. « On ne doit pas continuer à tolérer l’impunité », a-t-il martelé, ajoutant que le Congo doit s’inspirer de certains pays comme l’Angola, le Nigeria et même l’Arabie saoudite où la lutte contre les antivaleurs est impitoyable.

Jean Jacques Koubemba

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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