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Congo : Charles Bowao menace Sassou Nguesso d’une grande insurrection

Le Président congolais Sassou N'guesso et son ancien ministre de la Défense, Charles Zacharie Bowao|© ICIBRAZZA/Montage
Le Président congolais Sassou N’guesso et son ancien ministre de la Défense, Charles Zacharie Bowao|© ICIBRAZZA/Montage

Charles Zacharie Bowao, l’ancien ministre de la Défense de Denis Sassou Nguesso ne cache plus ses appréhensions contre le régime qu’il a quitté pour rallier l’opposition depuis septembre 2015. M. Bowao était contre la tenue du référendum sur le changement de Constitution qui ouvre la voie d’un troisième mandat présidentiel à Sassou Nguesso.

Il s’affiche comme l’un des chefs de file de l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), qui rassemble les dissidents de la majorité présidentielle, alliée au Front républicain pour le respect constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad). Charles Zacharie Bowao a regagné Brazzaville depuis mi-décembre pour coordonner la lutte.

Dans une interview qu’il a accordée au journal français Le Monde, l’ancien ministre de la Défense indique qu’il n’avait plus rien à faire en France.

«En tant que philosophe de formation, j’avais une mission à accomplir dans le cadre d’un partenariat universitaire. Je n’étais pas en exil. A Brazzaville, je vais reprendre mes cours à l’université Marien Ngouabi et continuer mes activités politiques et apporter ma contribution à la réflexion et aux actions de l’opposition pour sortir le pays de cette impasse», a-t-il avancé. L’ancien ministre indique que Denis Sassou Nguesso mène un coup d’Etat anticonstitutionnel qui est toujours en cours. Le professeur Bowao estime que contrairement aux résultats annoncés (92,96 % de votes favorables et une participation de 72,44 %), le taux de participation n’a pas dépassé les 5 %.

«Le pouvoir de Denis Sassou Nguesso n’a plus de légitimité. Ce n’est plus qu’un président de fait», a-t-il dit ajoutant que le peuple congolais a démontré sa capacité d’opposition et a boudé ce référendum. «On s’attendait à ce que Denis Sassou Nguesso agisse comme un grand chef d’Etat capable d’être à l’écoute de son peuple. Il n’en fut rien. Et son obsession sécuritaire l’a mené à la répression de manifestants pacifiques», dénonce-t-il.

Revenant sur la question du leadership de l’opposition, l’ancien compagnon de Sassou Nguesso, explique cette opposition étaient en train de se structurer au moment de l’organisation de référendum mis en cause. Mais il condamne l’usage de la force et les moyens mis en œuvre pour faire taire les opposants.  «Plus que l’absence de leadership, c’est bien l’obsession sécuritaire du président qui a bloqué toute mobilisation de l’opposition. J’en tire les leçons. L’IDC et le Frocad aussi. Nous sommes la majorité républicaine et nous travaillons à une organisation plus cohérente, plus efficace», promet le néo opposant.

Charles Bowao soutient l’appel des manifestants de Pointe-Noire à l’aide le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d’état-major de l’armée pendant la conférence nationale de 1991. Pour lui, le général Mokoko, tout comme d’autres officiers, ont un rôle à jouer et leurs analyses de la situation comptent.

«Il y a au Congo des hauts responsables militaires et des cadres qui sont disposés à contribuer à œuvrer pour la démocratie. Je suis d’ailleurs en contact avec certains d’entre eux. Et il faut les intégrer à la réflexion sur cette question de leadership au sein de l’opposition, et plus généralement de l’alternance à Denis Sassou Nguesso», déclare l’ancien patron de la défense.

L’ancien ministre de la Défense relève que le changement de la Constitution paralyse le pays, aggrave la misère et excite les haines. Il annonce des initiatives pour un retour à la Constitution du 20 janvier 2002 qui empêche Sassou de briguer un 3e mandat. Il appelle également à un dialogue sur la gouvernance électorale pour la mise en place d’une véritable commission électorale indépendante.

Charles Bowao dit savoir que des pressions sont mises sur le pouvoir en place suite au référendum illégal et ne doute pas qu’un retour à la raison permettra de sortir de la logique actuelle de coup d’Etat.

«Autrement, je crains que le pouvoir ne soit débordé par une insurrection. On peut tous être débordé par cela. Le temps est court, mais je veux encore croire que le génie des Congolais peut faire des miracles», conclut-il.

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