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Congo: Charles Bowao conseille à Sassou Nguesso de renoncer au changement de Constitution

Charles Zacharie BOWAO
Image d’archive|Charles Zacharie Bowao, ancien ministre à la présidence, chargé de la Défense nationale

Charles Zacharie Bowao, membre du bureau politique du PCT, le Parti Congolais du Travail de Denis Sassou Nguesso le dit  à qui veut l’entendre qu’il y a un réel risque si l’on permet à l’actuel président de faire adopter une nouvelle constitution.

Dans une Interview qu’il a accordée à RFI,  le responsable du parti présidentiel s’est prononcé contre le projet de modification de la Constitution de Denis Sassou Nguesso. Selon lui, le projet d’amendement de la charte souhaité par le Parti congolais du travail (PCT) est inopportun. «Il est illégal et la base du parti est contre ce projet en raison de tout ce que nous observons sur le terrain. C’est le bureau politique et le comité central, qui se sont prononcés dans une grande confusion procédurale, en faveur du changement de la Constitution. Ces deux autorités nationales, comme le président de l’Assemblée, comme le ministre en charge des questions foncières, qui ont lancé ce débat pour des raisons qui sont à leur discrétion, ont clairement dit qu’ils le faisaient pour permettre au président de pouvoir briguer un troisième mandat», a-t-il dit.

Il précise que cette volonté a été affichée à l’occasion d’un déplacement de Denis Sassou Nguessou à Dolisi. Les partisans de l’idée de changement de constitution ont profité  de cette rencontre militante pour dire au Président qu’ils veulent qu’il prolonge sa  présence au pouvoir au-delà de 2016 et pour cela, il faut absolument changer la Constitution parce que l’actuelle ne lui permet pas de le faire.

Charles Zacharie Bowao avance que la question à désormais évolue à la suite d’une réunion du bureau politique en décembre dernier. Pour lui, une correction est faite à la suite de la réaction des gens.

«On s’est dit : on ne peut pas entreprendre une telle action, en prenant pour raison fondamentale le maintien au pouvoir du président Denis Sassou-Nguesso, il faut placer ce débat dans le cadre global d’une évolution des institutions, donc un recadrage institutionnel. Nous avons inscrit un certain nombre de mécanismes dans cette Constitution qui peuvent permettre de rééquilibrer les relations entre le président de la République, qui est la clé de voûte du système, et les autres institutions», indique M. Bowao qui rappelle que tout cela peut se traiter dans le cadre normal d’une révision constitutionnelle.

Le responsable du parti présidentiel craint un coup d’Etat qui rappelle ce qui s’est passé au Niger avec Mamadou Tandja, au Burkina avec  la chute du président Blaise Compaoré. «Ce sont les mêmes thématiques, ce sont les mêmes problématiques, ce sont exactement les mêmes tractations et rétractations autour de la question du pouvoir», a-t-il fait savoir.

Charles Bowao se dit membre à part entière du PCT malgré ses positions. «Si par extraordinaire, le président décidait d’aller au référendum, il est évident que j’aurais eu la preuve que tout le combat que nous avons entrepris sous son autorité aura échoué et à ce moment-là, ma place n’est plus au sein du PCT, en tout cas un coup d’Etat constitutionnel n’est pas une chose à laquelle je participerai, je m’abstiendrai», promet-il.

Mis en cause dans l’explosion du dépôt de munitions de Mpila, M. Bowao explique que ses positions n’ont rien à avoir avec cette affaire. «J’ai dit au bureau politique, à certains camarades, les mêmes qui me traitent de revanchard, de minoritaire, certains ont dit que je m’exprimais parce que j’avais été sorti du gouvernement. Oui, j’ai été sorti du gouvernement, les raisons sont à la discrétion du président de la République. Mais les mêmes auraient dit, si je me levais ce matin pour dire : « Je suis pour le changement de la Constitution, il veut revenir au gouvernement, c’est pour ça qu’il clame haut et fort le changement de la Constitution », non moi je suis sur un débat éthique », déclare-t-il au micro de Rfi.

L’ancien ministre conseille à Sassou Nguesso de prendre de la hauteur et de ne pas oser changer de constitution à l’heure actuelle et préconise un dialogue politique pour une bonne gestion des prochaines élections.

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