Congo : Ce que Alain Akouala, dit de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne

Alain Akouala Atipault, ancien ministre des Zones Economiques Spéciales

Alain Akouala Atipault, ancien ministre des Zones Economiques Spéciales

Ce que le ministre congolais, Alain Akouala, dit de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne .

Il y a quelques jours de cela, les Premiers ministres du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ont paraphé le projet de création d’une Zone économique spéciale dans le triangle constitué par les villes de Sikasso (Mali), Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) et Korhogo (Côte d’Ivoire).

Monsieur Akouala Alain a été ministre des Zones Economiques Spéciales dans son pays, le Congo. De passage en Cote d’Ivoire, il a fait l’honneur à iciabidjan.com de nous donner son point de vue sur le sujet. Il nous a parlé également de la politique ivoirienne et surtout de ses rapports avec Guillaume Soro.

Monsieur Alain Akouala, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont paraphé le projet de création d’une Zone économique spéciale. Quelles sont vos impressions?

Merci de me donner la possibilité d’avoir cet échange avec vous parce que je suis votre journal depuis un moment. La Cote d’Ivoire est une 2e patrie pour moi parce que ce pays je l’ai découvert quand j’avais 24 ans. J’étais encore étudiant. J’en profite pour saluer la famille Coulibaly qui m’avait reçu ici à cette époque. Par la suite, je suis revenu ici en 1996, dans le cadre d’un contrat avec la Banque Mondiale-Comité de privatisation au Congo. Je devais travailler sur la mise en place d’une stratégie de communication liée au processus de privatisation au Congo. Et j’avais trouvé en la Cote d’Ivoire un modèle dont on pouvait s’inspirer. Et dans ce cadre, j’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs personnalités dont Aziz Thiam, Jean Claude Brou…

Et puis, après, nous avons connu la folie furieuse dans notre pays, la guerre civile de 1997. Et là, je me suis retrouvé en Cote d’Ivoire et j’ai bénéficié de la solidarité de la Cote d’Ivoire. Parce que là j’ai été pris au Comité de privatisation. C’est un pays ou d’ailleurs mon premier fils est né. Donc je m’y sens vraiment chez moi.

Je ne pense pas que je sois un spécialiste des Zones Economiques Spéciales (ZES). J’ai eu l’honneur et le privilège d’avoir ete responsabilisé par le Président Sassou N’Guesso, lorsque dans une vision stratégique, il a décide de mettre en place 4 ZES dans notre pays pour diversifier l’économie de notre pays pour qu’elle ne repose pas essentiellement sur le pétrole. Et, en même temps, c’était un moyen pour engager un processus d’économie réelle.

Qu’est ce que je pense de l’initiative prise par les trois pays? Je la salue. Et je dis que ce n’est pas un effet de mode. C’est la voie à suivre pour les économies africaines qui souffrent d’abord d’un problème d’intégration économique. Nous avons des économies extraverties. Nous prenons nos matières premières que nous exportons et les échanges inter Etats ne sont pas véritablement dynamiques. Ils existent mais ne sont pas au niveau ou ils devraient être.

La création de cette ZES est le futur des économies africaines. Pourquoi? Parce que nous sommes des économies passives. On prend nos matières premières. Sans transformation.

Il y a ce qu’on appelle la chaîne de valeur. Cette chaîne de valeur est en réalité créatrice d’emplois. Mais en même temps les emplois conditionnent une formation lorsqu’on prend le café ou le cacao de la cote d’ivoire, la fève, lorsqu’on la retrouve dans une barre de chocolat, il y a une foultitude d’emplois qui ont été crées. C’est ça la chaîne de valeur.

Donc je salue cela et je pense que l’Afrique aujourd’hui qui a décidé de mettre en place un accord de libre échange c’est bien. Mais il faut échanger des produits manufacturés.

Une zone économique par définition, c’est une zone de développement prioritaire, et les investisseurs qui vont s’installer vont bénéficier d’un agrément qui va leur offrir des conditions avantageuses sur les plans fiscalité, douane, régime de change, formalités administratives.

Cela veut dire qu’il faut en amont, comme nous l’avons fait au Congo, réaliser des études qui définissent les filières industrielles de manière à voir les emplois que l’on peut créer. Et là, on peut anticiper sur les formations. Une formation technique, professionnelle, qualifiante, universitaire. Et ces formations vont permettre de voir l’impact que ces filières vont avoir sur la création de richesse nationale, l’impact sur les PIB années après années. Ces études portent également sur les études infrastructurelles, c’est à dire quelles sont les infrastructures que ceux qui développent la zone doivent construire parce que ce n’est pas l’investisseur privé qui viendra construire la route, le chemin de fer, l’eau, le téléphone, l’électricité etc. C’est à ceux qui décident de lancer ce projet. Donc il faut des études pour voir des infrastructures sur lesquelles devraient émerger les activités industrielles. Et il y’a aussi des études économétriques, marketing qui permettront aux pays d’aller à la recherche des investisseurs. (Ex Congo).

Au Congo, nous avons bénéficié du soutien de Maurice et de Singapour où à titre personnel j’ai été particulièrement impliqué au plus haut niveau avec les différentes autorités de ces deux pays.

Vous pouvez donc apporter votre expertise…

Oui, toute cette partie software, réglementaire, modestement, si je peux apporter ma contribution, je le ferai avec plaisir.

Je vous sens très intégré en Cote d’Ivoire. J’ai vu des images de Praia (Cap vert). Vous étiez en compagnie de Guillaume Soro…

C’est un homme qui me fait l’honneur de son amitié mais c’est une amitié, une fraternité qui trouve ses racines dans les tragédies que nos pays ont connues. J’ai été un témoin actif pendant la guerre à Brazaville et lui je connais le role qu’il a joué. Moi je n’étais qu’une espèce de fourmi et lui il était au sommet de la responsabilité dans ces périodes difficiles. Et nous nous sommes rencontrés au Congo. Le Président Sassou l’avait invité. Nous avons parlé, discuté. Moi je l’appelle Commandant en chef. On a parlé de 20H jusqu’à 1H du matin. Parce que quand vous vivez ces événements là, vous n’êtes plus un homme normal. Et quand vous survivez à une guerre civile, cela ne veut pas dire que vous êtes plus intelligent. Cela veut dire simplement que Dieu a décidé de vous laisser en vie. La grâce divine vous laisse en vie parce que vous avez une mission et vous vivez avec la « culpabilité du survivant ». Pourquoi les autres sont partis, pourquoi moi je suis resté en vie. donc c’est là que j’ai découvert la dimension exceptionnelle de ce frère. Et je pense que la Cote d’Ivoire a besoin de lui. L’Afrique a besoin de lui. C’est pour cela que je quitte Brazza pour venir le voir, fraternellement. Je sais qu’il est capable de construire les bases qui puissent offrir à l’Afrique un nouvel horizon. Ce que je trouve intéressant dans nos discussions, c’est qu’il veut raviver la flamme du panafricanisme qui a fait la force des leaders comme N’Krumah, Houphouet Boigny etc.

Pour lui, sans cette nouvelles énergie, l’avenir de l’Afrique est difficile.

Est-ce que vous jouez auprès de lui officiellement un rôle de conseiller?

J’aurais bien voulu (rires). Mais je ne pense pas qu’il ait besoin de ça. Par contre, son amitié me suffit. Mais on ne sait jamais. tout dépendra de lui. Ce sera un honneur pour moi, en tant que panafricain, si je peux, de l’aider

Quel regard jetez-vous sur sur la probable candidature de Guillaume Soro en 2020?

Elle est probable?

Il ne l’ a pas dit officiellement, mais Alain Lobognon dit qu’elle n’est pas à écarter…

Je pense que Guillaume Soro est une forme de syncrétisme de spiritualité politique. Il est à la fois, quand je parle avec lui, le fils spirituel, l’héritier de Houphouet-Boigny, de Bédié, de Gbagbo et de Ouattara.

Il arrive dans nos échanges, à décliner chaque personnalité politique. Et là, je ne parle qu’au niveau de la Cote d’ivoire. Mais il fait la même chose sur le continent. Mais je reste au niveau de la Cote d’Ivoire. C’est l’héritier, le fils spirituel de tous ces leaders.

Entretien réalisé par Cheick Ibrahim 

Avec ICIAbidjan 

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