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Congo: candidat à la présidentielle, le général Jean-Marie Mokoko entend relever le défi

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d'état-major des forces armées congolaises|AFP
Le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d’état-major des forces armées congolaises|AFP

Le général Jean-Marie Michel Mokoko sera candidat à la présidentielle du 20 mars au Congo-Brazzaville en tant qu’indépendant. Il l’a annoncé lui-même depuis Bangui. Dans une interview accordée lundi à Rfi, l’ancien chef de la Minusca qui avait démissionné de ses fonctions de conseiller à la présidence congolaise chargé des questions de paix et de sécurité le 3 février dernier, annonce son retour à Brazzaville pour officialiser sa candidature à la magistrature suprême de son pays.

Denis Sassou-Nguesso perd le général Mokoko, un allié de poids avec qui il ne s’entendait plus. L’ancien chef d’état-major des forces armées congolaises s’était opposé au projet de réforme de la Constitution qui permet à l’actuel président de briguer un nouveau mandat.

Général Mokoko était le représentant spécial de l’Union africaine, chef de mission pour la Centrafrique et l’Afrique centrale. Il a annoncé qu’il sera candidat à la présidentielle congolaise.

«Je serai candidat. Je serai candidat parce que j’estime que j’ai des choses à dire et que j’ai réfléchi pendant longtemps aux différentes problématiques de mon pays et je pense que je suis en mesure de proposer des solutions à mes compatriotes», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : «Ce n’est pas une question d’amour propre ou de quoi que ce soit. Je sais que dans mes fonctions actuelles au niveau de l’Union africaine, j’exerce une espèce de monitoring sur toutes les questions de paix et de sécurité. Or, depuis pratiquement deux ans, il y a un débat au Congo et qui m’a donné la conviction que ce débat pouvait accoucher des situations regrettables. Et comme vous savez, dans cette partie de l’Afrique, quand on parle des élections souvent on rentre dans des zones de turbulence», a-t-il ajouté.

Le général Mokoko explique que sa désapprobation pour le changement de Constitution est une démarche citoyenne qui n’est pas du tout synonyme de la déloyauté. Il dénonce sa convocation par le ministre congolais de la Défense pour consultation suite à son opposition au changement de constitution.

« J’ai trouvé tout à fait inélégant de la part de mon ministre de tutelle de me convoquer et comme pour me demander de transgresser les règles pour lesquelles un contrat me lie à l’Union africaine. Ma mission étant d’observer ce qui se passe dans les pays de l’Afrique centrale et sur ce qui s’est passé au Congo, c’est ce qui m’a donné raison d’ailleurs, puisque le 20 octobre, comme vous savez, il y a eu mort d’homme. Et dans un débat qui devrait être un débat consensuel puisqu’il s’agit des institutions de notre pays, il n’était pas normal qu’il y ait ne serait-ce qu’un mort », avance-t-il.

Si d’aucuns pensent qu’il prend un risque en décidant de briguer la magistrature suprême, Jean-Marie Mokoko estime qu’il le droit de dire ce qu’il a à dire et à proposer à ses concitoyens.

«J’ai décidé d’aller m’adresser à mes compatriotes et je pense que c’est mon droit le plus absolu de dire ce que j’ai à dire et de leur proposer, lorsque la campagne battra son plein, des solutions auxquelles j’ai réfléchi depuis de longues années. Et écoutez… Si ça comporte des risques, j’accepte de courir ces risques. Je ne le fais pas parce qu’il avait programmé d’avoir une carrière politique. Non, je pense que j’ai fait une bonne carrière militaire, c’était le but de ma vie, et je pense que s’il y a un appel de mes compatriotes, il n’y a pas de raison que je n’y réponde pas », justifie l’ancien patron de la MINUSCA.

Les conditions sont-elles réunies pour un scrutin transparent et crédible en mars prochain ? Le candidat déclaré laisse entendre qu’il y a des inquiétudes en ce qui concerne sa sincérité pour le fait que le scrutin est par le ministère de l’Administration du territoire.

A la question de savoir pourquoi il se présente comme candidat indépendant au lieu de s’unir avec les regroupements de l’opposition, il répond : «Moi, je me présente en indépendant parce que si d’aventure on me faisait confiance, je veux apporter des réformes sans être dans un corset».

Le général Mokoko compte sur des comités de soutien qu’il a déjà mis en place discrètement.

«Je veux rentrer à Brazzaville pour les fédérer – jusqu’à présent, les gens travaillaient de façon fractionnée – puis, c’est ça qui constituera ma base», révèle l’ancien fidèle de Denis Sassou-Nguesso.

Pour l’ancien patron de l’armée congolais, chacun doit montrer ce qu’il représente dans le pays au premier tour avant les alliances au 2e tour. «Si d’aventure j’étais au deuxième tour, je ne ferme aucune porte dans les négociations qu’on pourrait avoir. Je ne ferme aucune porte », a-t-il conclu.

©OEILDAFRIQUE

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