Congo – Brazzaville : état des lieux du transport

Congo – Brazzaville : état des lieux du transport

La ville de Pointe-Noire

Au Congo, la route, la marche à pied et la voiture sont, pour l’instant, les seuls moyens utilisés pour se déplacer.

Au Congo, la route, la marche à pied et la voiture sont, pour l’instant, les seuls moyens utilisés pour se déplacer. Les voiries urbaines sont clairement en nombre insuffisant et sont généralement encombrées en heures de pointe. Bon courage si vous êtes sur l’avenue de la paix entre la commune de Moungali et le marché Masala à Moukondo à Brazzaville ou sur l’avenue qui amène à Mont N’Kamba à Pointe-Noire pour ne citer que ces tronçons.

Les embouteillages et les difficultés de déplacements sont devenus un véritable fléau qui exaspère les congolais qui ont l’impression d’être abandonné à leur propre sort. Les populations qui pensent faire des économies en s’installant de plus en plus loin du centre qui est devenu inaccessible à l’achat et à la location doivent faire face à des temps et des coûts de trajet qui explosent. Beaucoup sont obligés de partir tôt et de rentrer tard pour être à l’heure sur son lieu de travail ou d’étude. Si l’habitat de la ville s’étend, le centre économique et administratif est lui, resté au même endroit. On assiste donc en heure de pointe à un mouvement pendulaire, le matin les populations arrivent des zones périphériques vers le centre et, effectuent le mouvement inverse le soir du centre vers la périphérie.

Certes, les autorités ont répondu partiellement à cette exaspération en créant une société de transport urbain doté d’une centaine de bus. Cette solution n’a, malheureusement, réglé qu’en partie la question des demi-terrains et absolument pas celui de la durée des trajets. La construction d’une rocade entre le pont du Djoué et Kintélé est en cours. Cette voie rapide va permettre de partir de la zone sud de la ville vers le nord sans avoir à traverser la ville, mais la circulation dans une capitale qui ne cesse de s’étaler restera difficile sans une initiative de grande ampleur parce que la ville reste très mal maillée en voies de circulation.

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Il faut dire que la ville congolaise est comme une maison qui a été construite pour 10 personnes mais qui en reçoit 100 voire même 200. C’est une des conséquences du manque de planification urbaine et du développement anarchique de la ville. La grande majorité des voiries qui traversent nos deux grandes villes ont été construit pendant la colonisation où juste après, quand les deux agglomérations ne comptaient qu’une centaine de milliers d’habitant. Aujourd’hui il y a un peu plus d’1 600 000 habitants à Brazzaville et plus d’1 millions à Pointe-Noire mais, à quelques kilomètres près, les mêmes voiries urbaines. Dans des quartiers où habitent des dizaines de milliers d’âmes il n’y a parfois qu’une seule voirie de desserte et, qui est souvent jonchée de nids de poules qui compliquent encore la circulation.

Nous sommes nombreux à croire que l’on n’apportera pas une réponse satisfaisante à la question des déplacements urbains sans une véritable stratégie en matière de développement cohérente des voiries urbaines. Dire ça n’a rien d’exceptionnel. Tout simplement parce que c’est ce qui se fait partout ailleurs.La ville de Brazzaville par exemple n’a pas de Plan de Déplacement Urbain PDU dimensionné en fonction de la population, des flux à déplacer et d’un zonage de la ville.

Il est illusoire de croire que les problèmes d’embouteillages et du transport qui vont s’amplifier avec l’augmentation de la population urbaine et de l’étalement de la ville se régleront par un coût de baguette magique. Il faut une bonne dose de volonté politique, une stratégie et des investissements importants sur plusieurs années.

Les autorités disent attendre la mise à jour du Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme SDAU de Pointe-Noire et Brazzaville (processus lancé l’année dernière avec l’aide de la Banque Mondiale mais qui patine) avant d’envisager l’élaboration d’un PDU qui est un schéma sectoriel. Chiche! A-t-on besoin de la Banque Mondiale et des italiens pour réfléchir et trouver des solutions à la circulation dans nos villes? Pendant ce temps que font les congolais ? Prendre leur mal en patience? Cela fait 35 ans que la ville de congolaise n’a pas de véritable politique de développement urbain et tout le monde peut en constater les conséquences. Combien de temps faut-il encore attendre pour prendre le destin de nos ville en main?

(Avec © URBANISEC1)


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