Congo – Brazzaville : Et si la rupture à la Justice commençait par l’affaire Mbere contre Warid Congo?

Congo – Brazzaville : Et si la rupture à la Justice commençait par l’affaire Mbere contre Warid Congo?

Maître Jean Marie Moussounda, notaire à la place City center de Brazzaville, a répondu au président de la Cour d’appel de Brazzaville qu’il ne détenait pas l’acte de cession d’actions de Warid Congo à Airtel Congo. Comment ça ? He oui ! Un autre notaire, apparemment invisible et furtif, aurait manœuvré pour concocter cet acte de cession d’actions, puis fuir ou disparaître avec, comme le sel dans l’eau…

Et si la rupture de la nouvelle République-là commençait par la Justice ?! Pourquoi pas! Les magistrats sont les fonctionnaires les mieux payés du Congo et les droits de citoyens aussi se manipulent entre leurs mains.

Depuis 2015, un citoyen congolais, Daniel Mbere, lésé lors de la cession des actions de Warid Congo à Airtel Congo en 2013, porte plainte et gagne son procès. La justice au premier degré reconnait que ce Congolais, directeur général de la société Motorola SA doit être payé à 5,4 milliards de francs CFA. Vous avez dit 5 milliards ? He, oui, 5 ! Depuis ce jour-là, tout le monde de la justice s’est fait l’insomnie. Grignoter aussi longtemps qu’on peut la créance du citoyen moyen, un Mbere qui n’est ni ministre ni chef d’un parti politique ni membre de la famille très proche du pouvoir. Il n’a donc droit à rien !

En fait, cette créance a été reconnue et validée par le patron de Warid Congo, donc le patron du group Abu Dhabi, le Sheik Nahayan Bin Mbbarak Al Nahayan qui a signé l’acte de cession. Il l’a écrit noir sur blanc, aux numéros un et deux, dans l’acte de cession qui est aujourd’hui devenu un serpent de mer. Tout le monde en parle mais personne ne le voit. Mais pendant combien de temps un document juridique aussi important va échapper à la justice ? Faut-il attendre la réunion du Conseil supérieur de la magistrature présidée par le chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso lui-même, pour que ce papier sorte ? Le vomirait-on ou le chierait-on ce jour-là? Attendons voir !

On sait aussi que sur cet acte de cession que les ennemis de la justice ne veulent pas produire, il y a les Impôts du Congo au numéro 3 et loin loin là-bas au numéro 9, Jules Nzesse Famegne. Airtel Congo qui a avalé Warid Congo a beau avoir la crise d’épilepsie ou se promener nu en guise de protestation, ils connaissent bien cette créance préparée par le service juridique de Warid, dirigé à l’époque par Falla Davy Batschy. D’où viennent les 5,4 milliards que réclame M. Mbere? Ho, ce sont les 10% de 54 milliards de francs CFA qu’a coûté le rachat, l’acquisition et la fusion de Warid au Congo. Dès octobre 2013, Me Basile Leka, un avocat congolais, avait écrit à Airtel Congo pour réclamer la créance.

Me Moussounda a récemment vidé tous ses tiroirs et pas une seule copie du fameux acte de cession, celui qui mettra un terme à toutes ces gesticulations judiciaires. Apparemment, beaucoup de personnes, les autorités politiques, administratives et judiciaires, auraient mis la main sur le pactole de Daniel Mbere. Elles se sont tellement sucré sur ces milliards qu’elles mettent les bouchés doubles pour que l’affaire n’éclate pas. Possible qu’elles prient actuellement, nuit et jour, jeûne et pèlerinage à la montagne du Cardinal Biayenda à l’appui, pour que le fameux DG Mbere, un emmerdeur à la peau dure, aille vite sous la tombe, et que disparaisse avec lui toute cette affaire de créance. Le monde est vraiment méchant !

Or, il faut bien que la rupture commence par ici, et maintenant. L’affaire Mbere devrait servir de piston à tous les autres secteurs. Tous ceux qui prennent, au nom de la justice, donc au nom du peuple congolais, ce qui ne leur appartient pas, doivent aller en prison. C’est ça la rupture, pas autre chose. Pas un nouveau tube de Master Muana Congo ou de Lambert Kabako…

Beaucoup de manœuvres depuis 2013. Les avocats s’amusent à introduire de faux documents dans le dossier Mbere-Wardi donc Airtel (les deux sociétés sont juridiquement et solidement liées) pour embrouiller les magistrats. Le greffier en chef, Me Ekenga a dû mettre sa signature sur un faux acte glissé intentionnellement par un greffier, visiblement incité par un prétendu avocat de Abu Dabhi Group, le tout forcement grâce à un complice interne, une vraie taupe au service de l’argent. Quand le feu a chauffé, les gars se sont brûlé les couilles. Ils se sont alors tournés vers les politiciens. Conséquence, une lettre est adressée dans les banques LCB, Ecobank et BCI où Airtel Congo, la nouvelle société qui doit payer la dette de Daniel Mbere conformément à l’acte de cession de novembre 2013 qu’on cache actuellement sous les manteaux, planque son fric. Et pourtant l’argent appartient (appartenait) à Warid, car les saisies ont été faites avant la fusion Warid-Airtel.

L’huissier commis par la Justice du Congo est interdit d’aller recouvrer la créance, le ministre de la Justice, Pierre Mabiala ayant fait barrage, redoutant un trouble à « l’ordre public économique, social et financier ». C’est quoi ça encore cette qualification ?!

Mais pourquoi et comment le ministre est rentré dans une affaire pendante au tribunal, au moment même où le procureur général près la Cour suprême, Georges Akiera, avait pris des réquisitions pour permettre à l’huissier Victor Mabiala de faire son boulot dans les banques ? On l’ignore. Mais on reste tout même curieux de savoir que quelqu’un travaille dans l’ombre, et qui appâte les autres, les poussant même à ramer contre les actes de l’OHADA. Hum…mauvais djoudjou, on le sent !

Donc c’est finalement Airtel Congo qui joue au vilain petit canard ? A bien voir, non ! La société de téléphonie mobile qui pèse actuellement 83 milliards de francs CFA de capital, sans compter son bénéfice annuel, ne devrait pas avoir la main aussi lourde et tremblante pour verser les 5 milliards à Daniel Mbere. Même négocier des échéanciers, c’était possible. Finalement, un agent de très mauvaise foi pourrait jouer le coup au sein de la société pour que les sous soient, certes retirés dans les comptes de Airtel Congo, mais partagés entre amis, tous ceux qui auront construit la couverture de la fraude et du détournement. C’est malin ça ! Bon, c’est une analyse. Elle est plausible dans tous les cas. On n’écrit pas n’importe quoi.

Airtel à cours d’argent à l’époque de la cession? Possible aussi. Cette affaire de prêt inter-société de 7 milliards que détenait encore Warid et la société Airtel en 2014, laquelle avait besoin pour son fonctionnement, en dit long. Finalement, Airtel aura bien reçu les fonds de Warid pour liquider les dettes et a finalement joué au voyou? Qui sait? Mais le 5 septembre approche, le jour fatidique du procès. C’est là-bas qu’il faut aller s’expliquer.

On sait aussi avec quelle pression M. Nzesse, le n°9 de la liste de créance a touché les yeux fermés les 30 millions sur les 79 qui lui étaient dus. Au matin on lui propose à peine 3 millions, le gars refuse, et l’après-midi, on ajoute 0 pour le combler naïvement de joie. Cousu de billets de banques qu’il se fait payer à Ecobank, Nzesse a laissé tomber sa vraie créance. Les Impôts aussi n’ont jamais touché leur vrai montant. Congo zoba, disent les Béninois!

Sont-ce les cabinets d’avocats qui veulent croquer l’os jusqu’à la moelle ? Là aussi on ignore. On peut cependant constater que certains avocats plaident dans cette affaire sans se constituer. On sait aussi que les avocats de l’autre partie invitent nuitamment le conseil de Daniel Mbere à discuter et trouver une solution à l’amiable qui n’éclabousserait pas les grands chefs. Les mangeurs de sous !

Et les impôts dans tout ça ? Grave ! Légaliser des documents indiquant de grosses sommes d’argent sans une première légalisation aux Emirats où ils ont été établis, laisse quand même perplexe. Les agents d’impôts ont-ils alors copieusement bouffé au point d’oublier les standards internationaux ? La loi de la transcription des documents est-elle foulée aux pieds ? C’est une hypothèse, là aussi.

On sait quoi encore de sait affaire au départ si simple, mais actuellement très compliquée? C’est qui est sûr, la date du 5 octobre, donc un mois après l’audience finale de production d’acte de cession, l’Union européenne veut fourer son nez dans le dossier. Et pourquoi? Mais ce Daniel Mbere n’est pas seulement Congolais-Congolais, il est né en France et s’en prévaut de la nationalité. Le département juridique de l’Union par le biais de Kane Evariste est désormais saisie du dossier. Et tout se complique.

Mais, mais…un groupe de personnes se cacheraient forcément dans ce dossier solidement constitué et si richement attrayant. Ceux qui se sont mouillés par l’argent de Daniel Mbere doivent passer sur la table de la rupture. Fini avec eux. Ministres, DG, magistrats ou avocats, agents d’impôts ou commissionnaires, conseillers juridiques ou personnel à la retraite, l’heure de la rupture devrait sonner dans leurs lits comme un réveil…et leur donner des cauchemardas pour avoir touché à ce qui ne leur appartient pas !

Par Arsène SEVERIN



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