Congo-Brazzaville : décembre, un mois noir pour la paix

Congo-Brazzaville : décembre, un mois noir pour la paix

Palais du peuple Congo Brazzaville

Le palais du Peuple

Le mois de décembre est passé, avec lui l’année 2014. Depuis 1998, ce mois  dernier mois de l’année a  marqué la conscience des filles et fils du Congo, par des événements malheureux survenus pendant son cours et pendant lesquels tout le monde reconnaît la valeur de la paix et la nécessité de la préserver.

 Il faut remonter à 1998 pour retrouver la première agression contre la paix. C’était le 18 décembre, alors que les plaies dues aux troubles de 1997 étaient encore béantes. Car, à cette date-là, juste un an après une espèce de désagrégation du pays, on ne pouvait pas déjà dire que la paix était totalement revenue au Congo, encore moins à Brazzaville.

Mais, ce jour là, le 18 décembre 1998, des illuminés, mus par la volonté de détruire le pays, avaient pris d’assaut la ville de Brazzaville, armes à la main, tirant sur tout ce qui ne leur ressemblait pas, pour disaient-ils, « prendre le pouvoir ».

Nombre de Brazzavillois en émoi, ont quitté la ville en catastrophe, sans rien comprendre, espérant trouver un abri, soit dans la forêt, soit dans des camps où ils ne pouvaient pas vivre comme en temps de paix, chez eux. C’était la détresse totale. Et, de Brazzaville, ces troubles se sont répandus comme une trainée de poudre jusque dans des villages du Congo.

Les supplications de tous, destinées au Tout Puissant, ne demandaient qu’à rétablir la paix. Heureusement, l’armée qui, comme tout le pays, sortait fragilisée des affres de 1997, ne s’est pas laissé faire. Et, la volonté politique aidant, l’ordre est revenu dans le pays.

En décembre 2013, les Brazzavillois ont encore couru dans tous les sens. Cette fois-là, c’est un congolais aux ambitions démesurées proches de l’audace qui s’est organisé à recruter et regrouper des jeunes militaires ou non dans sa parcelle, en plein centre ville, dans l’optique de lancer un défi à l’Etat, pour ramener le Congo dans l’atmosphère angoissée de 1997 et 1998. L’accrochage meurtrier entre la force publique et les recrues de Marcel Ntsourou a non seulement coûté la vie à certains Congolais, mais aussi perturbé la quiétude d’autres citoyens, jetant ainsi un froid sur le début des festivités des fêtes de fin d’année.

Au centre ville, les services publics comme privés ont fermé les portes. Pendant presqu’une année, les travailleurs se rendaient au service avec anxiété, comme s’ils s’attendaient à une nouvelle perturbation de la paix.

En fait, cette affaire Ntsourou avait ravivé les souvenirs de 1997 et 1998, notamment chez les Brazzavillois qui ne souhaitent plus revivre cette période, même dans un cauchemar. Heureusement qu’au bout d’une journée, cet élan destructeur a fait long feu.

Quand certains politiques congolais agitent l’épouvantail des troubles pour conquérir le pouvoir politique, ils ne veulent fermer les yeux devant la réalité, celle du peuple qui n’aspire qu’à vivre en paix. C’est pour cela que le président de la République tient à mettre un holà sur cette attitude guerrière en déclarant çà suffit, parce que « … le sang et des larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! »

© OEIL D’AFRIQUE


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