home Brazzaville, Congo, Politique Congo : Brazza n’est pas Ouaga… Et Sassou n’est pas Compaoré

Congo : Brazza n’est pas Ouaga… Et Sassou n’est pas Compaoré

Sassou

Alors que la présidentielle approche, partisans et opposants à une nouvelle Constitution durcissent le ton. La révolte burkinabè à l’esprit, Denis Sassou Nguesso observe, et mûrit sa stratégie.

Lorsqu’il reçoit ses invités dans la vaste salle d’audience de son palais du Plateau, il est une minute que Denis Sassou Nguesso savoure avec une gourmandise de félin : la première. Introduit par le préposé au protocole, le visiteur doit d’abord descendre un petit escalier de marbre avant de parcourir les vingt bons mètres qui le séparent du maître des lieux, lequel l’attend, imperturbable, debout devant son fauteuil présidentiel.

Précieuses secondes, pendant lesquelles ce grand fauve assagi par un demi-siècle de vie politique scanne dans le moindre détail l’hôte avec lequel il va s’entretenir. Combien de vanités se sont délitées, combien de forfanteries se sont évanouies le long de ces vingt mètres de tapis, alors qu’il vous observe et que rien ne semble lui échapper de vos inélégances vestimentaires, de votre démarche hésitante et de vos arrière-pensées reptiliennes ?

En cette fin d’après-midi pluvieuse du 19 novembre, les rôles sont pourtant inversés : l’auteur de ces lignes, à qui l’on a répété à Paris que l’étincelle burkinabè allait mettre le feu à la plaine congolaise, est venu voir, tout au moins le croit-il, celui qui, après Blaise Compaoré, est « le prochain sur la liste ». Longévité au pouvoir (dix-sept ans), âge (72 ans), velléité de passer outre la date de péremption fixée par la Constitution (2016) : les ingrédients de base d’une répétition à Brazzaville du scénario ouagalais sont là, tout au moins sur le papier.

Si l’on ajoute à cela la chute des cours du pétrole, dont le Congo est largement dépendant, l’atonie d’un gouvernement critiqué dans l’opinion et la persistance de sérieux problèmes sociaux, le compte à rebours paraît inéluctable. Or, surprise, c’est un homme serein, étonnamment lucide et totalement déterminé qui nous reçoit pour une longue conversation, d’où il ressort que oui, il ira jusqu’au bout, le temps de mettre sur les rails une nouvelle République et d’entrer avec elle dans une nouvelle ère, avant de se retirer le moment venu sur les rives de l’Alima pour y taquiner les silures, à l’ombre d’un manguier.

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Si l’objectif est clair, le chemin pour y parvenir est à la fois étroit, sinueux et parsemé d’embûches, tant il est complexe de deviner qui est qui et avec qui, qui joue à quoi et contre qui dans ce marigot politique congolais où les acteurs semblent tous porter des masques. Pour comprendre, mieux vaut écarter tout de suite l’hypothèse d’une transposition mécanique du « modèle » burkinabè sur les rives du grand fleuve.

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Berja Bonazebi

Responsable des publications pour IciBrazza.com

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