home Congo, Économie Congo – Banque mondiale : Malgré les efforts réalisés, le niveau de pauvreté demeure préoccupant au Congo

Congo – Banque mondiale : Malgré les efforts réalisés, le niveau de pauvreté demeure préoccupant au Congo

La Banque mondiale a rendu public, lors d’une cérémonie présidée mercredi 3 mai 2017, à l’Hôtel Radisson Blu, à Brazzaville, par Mme Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre du plan, de la statistique et de l’intégration régionale, en présence de Mme Yaye Seynadou Sakho, directrice sectorielle macroéconomie et gestion budgétaire de la Banque mondiale, et Djibrilla Adamou Issa, représentant-résident de la Banque mondiale, son rapport diagnostic sur la  pauvreté au Congo, portant le thème: «Education, emplois et protection sociale pour une réduction durable de la pauvreté».

Selon les estimations de cette institution, le taux de pauvreté est passé de 51%, en 2005, à environ 36%, en 2015. Un niveau qui reste préoccupant, surtout que la pauvreté touche encore massivement les zones rurales.

Le rapport diagnostic de la Banque mondiale sur la pauvreté au Congo examine les progrès du Congo en matière de réduction de la pauvreté, entre 2005 et 2015. La forte croissance économique observée durant cette période et l’amélioration du niveau de l’éducation font partie des facteurs expliquant la baisse de la pauvreté dans le pays. En effet, le Congo a connu, au cours de ces dernières années, une croissance économique forte et soutenue qui a permis de faire des progrès en matière de réduction de la pauvreté.

Au cours de cette période, le gouvernement a consacré des efforts considérables à l’amélioration des conditions de vie des populations, en investissant notamment dans les infrastructures, la santé et l’éducation. Mais, la croissance n’a pas été suffisamment inclusive. Elle s’est surtout traduite par un accroissement des inégalités sociales et de la vulnérabilité. De nombreux ménages, vivant juste au-dessus du seuil de pauvreté, restent donc vulnérables et pourraient retomber dans la pauvreté, en cas de choc négatif, comme la chute du prix du baril de pétrole.

L’ensemble des études réalisées dans ce domaine démontrent que la croissance est une condition nécessaire, mais nullement suffisante pour permettre une redistribution efficace des revenus nationaux, ni pour faire face aux vulnérabilités sociales. L’écart se creuse entre les deux grandes villes et le reste du pays. La réduction de la pauvreté a été essentiellement constatée à Brazzaville et Pointe-Noire. A l’opposé, la pauvreté a augmenté dans les zones rurales. L’évaluation faite de la pauvreté analyse les tendances récentes des aspects monétaires et non-monétaires de la pauvreté et de la vulnérabilité économique au Congo. La prospérité dont a joui le Congo, grâce à la manne pétrolière, n’a pas profité à l’ensemble de la population.

Le rapport fait ressortir un certain nombre de propositions d’actions prioritaires que le pays doit entreprendre, pour éradiquer durablement la pauvreté. Il s’agit d’investir dans le capital humain;  fournir de meilleurs services sociaux de base à la population; accroître la productivité de l’agriculture et la commercialisation des produits agricoles; étendre la couverture des programmes officiels de production sociale; soutenir le développement d’un secteur privé créateur d’emplois et augmenter la fréquence de collecte des données sur la pauvreté.

Dans son mot d’ouverture, la ministre Ebouka-Babackas a reconnu que «la Banque mondiale contribue à la réflexion sur les principaux défis du développement du Congo. Elle est donc un partenaire technique et financier primordial du Congo dans la recherche permanente qui incombe au gouvernement de l’atteinte d’un développement durable et inclusif au profit de tous nos concitoyens».
Signalons que la réunion, qui a regroupé plus d’une centaine de cadres venus des administrations publiques, du secteur privé et de la société civile, a permis aux participants d’évaluer la situation de pauvreté au Congo.

Conformément à ses objectifs, la Banque mondiale a entamé l’élaboration de son cadre de partenariat d’appui à la République du Congo pour 2017-2021. Il est important, avant d’élaborer ce cadre, de procéder, d’abord, à une analyse de la situation de la pauvreté, afin de mieux guider ses actions et les rendre plus efficaces. La Banque mondiale s’est assigné deux objectifs très spécifiques, à savoir: réduire l’extrême pauvreté, à l’horizon 2030, et promouvoir une prospérité partagée.

Philippe BANZ     

 

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