home Pointe Noire Congo : A Pointe-Noire, des sourds-muets revendiquent les journaux télévisés

Congo : A Pointe-Noire, des sourds-muets revendiquent les journaux télévisés

Maison de la radio et de la télévision à Kombo
Maison de la radio et de la télévision à Kombo

Les défauts d’audition et du langage articulé ne sauraient être un frein pour un sourd-muet lettré de suivre les journaux télévisés. D’où à quelques mois de la célébration de la journée internationale de la télévision le 21 novembre prochain, certains sourds-muets de la ville océane, notamment ceux  des quartiers populaires ont manifesté leur soif de suivre les informations télévisées mais hélas !

Le problème que soulèvent certains sourds-muets lettrés de Pointe-Noire est celui du manque criant d’un interprète-traducteur des journaux télévisés par le langage des signes. Le malentendant n’est pas nécessairement un malvoyant et à l’instar de son concitoyen valide qui ne souffrirait pas d’une anomalie au niveau de l’appareil oculaire, il a aussi bien envie de suivre les informations que les journalistes donnent à la télévision. Ce manque de traducteur met le sourd-muet dans une position de sous information.

A travers le langage de signes, Les Dépêches de Brazzaville ont réussi à avoir un entretien  avec la madémoiselle Brigitte Itoua, une sourde-muette, connaissant écrire, vivant au quartier OCH à Pointe-Noire. Elle manifeste l’intérêt de suivre le journal télévisé mais se dit être bloquée par le fait qu’il manque toujours un interprète-traducteur à côté du journaliste-présentateur.

Dans le dit entretien, Brigitte Itoua déclare que « dans de nombreuses familles congolaises, des sourds-muets savent écrire, car ils ont soit été à l’Institut des jeunes sourds, soit ils ont pu être entraînés à la maison par leurs parents. Malheureusement,  les gens ont toujours pensé que nous n’avons pas besoin de suivre les informations télévisées, car aucune mesure n’est prise pour qu’à chaque fois des enseignants qui interviennent à l’Institut des jeunes sourds soient sollicités et placés à côté du journaliste-présentateur pour traduire en signes ce que le journaliste développe. Prenons les cas, des matchs télévisés, des plénières de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, des visites du Président de la république ou des ministres, nous ne voyons que des images mais n’avons pas la signification réelle de ce qui se passe à cause du manque de traducteur ».

Un autre sourd-muet abordé  pense que plusieurs informations parfois mensongères circulent dans le pays aux plans, politique,  sportif, économique, international et culturel mais les sourds muets ne sont pas informés par manque de traducteur.  « Lorsqu’il est 20 heures, mon père et mes frères sont accrochés à la télévision pour suivre les informations nationales et internationales dans tous les domaines. Et à la fin du journal, mes frères continuent de parler avec Papa. Et lorsque je leur pose la question, ils me disent certaines choses qui venaient d’être développées dans le journal. Mais ils ne peuvent pas tout me dire, car ils n’ont pas appris tous les mots du langage de signes et cela me met dans une situation difficile, car j’ai aussi besoin de connaître ce qui se passe dans le pays et ailleurs dans divers domaines », a regrétté ce sourd- muet.

Notons que tout comme d’autres médias, la télévision est un vecteur de connaissances et une porte ouverte sur le reste du monde. Les sourds-muets ont ainsi lancé un appel aux autorités congolaises à différents niveaux pour une prise en compte  de leur inaptitude d’être correctement informés sur les événements de grande importance, diffusés dans les médias audio visuels nationaux. Ils insistent sur l’idée de prévoir un interprète- traducteur à côté du journaliste présentateur de journaux.

© Adiac-Congo

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