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Château Rouge à Paris : vendeuses et policiers jouent au chat et à la souris

Image d’archive|A Château rouge, dans le 18ème arrondissement de Paris, un commerce illégal quasi inexistant dans d’autres arrondissements bat son plein
Image d’archive|A Château rouge, dans le 18ème arrondissement de Paris, un commerce illégal quasi inexistant dans d’autres arrondissements bat son plein

A Château rouge, dans le 18ème arrondissement de Paris, un commerce illégal quasi inexistant dans d’autres arrondissements bat son plein : la vente à la sauvette. La particularité de ce quartier réside sur la concentration des sujets africains (noirs et maghrébins).

« Venez acheter ! », murmure un marchand ambulant, sans se dévoiler, à l’entrée de la station de Métro dont il tente discrètement d’attirer quelques passagers.

Ces marchands sont organisés en bande avec un rôle pour chacun d’eux. Ils sont toujours aux aguets alors qu’un précurseur chasse les clients, le reste de la bande se charge de lui faire des offres plus attrayantes. Pendant ce temps, la police, de l’autre côté de la rue, suit tous les faits et gestes.

Plus loin, sur la rue Poissonniers, des vendeuses à la sauvette s’installent une à une. Trois au départ, leur nombre ne fait que croître. Un tantinet espiègles, elles ignorent la présence des policiers quoique préoccupées de convaincre des clients qui se présentent à elles. Sur ce petit marché, on y trouve du poisson fumé, du manioc, du safou, des produits cosmétiques et autres dont les Africains se rafollent. Les marchandises sont présentées pour la plupart dans des sacs facilement tractables. D’autres vendeurs, par contre, exposent leurs produits sur des installations de fortune (débris de cartons).

À trente mètres de là, des policiers habillés en civil, observent attentivement. Ils sont facilement repérables par leur regard très crispé et leur attitude sévère. Ce spectacle, ces femmes le vivent au quotidien, car elles vendent tous les jours au même endroit. Pourtant, les malchanceuses se font toujours attraper par la police. Malgré cela, elles ne baissent pas les bras et affrontent la loi au risque de leur liberté.

En effet, selon la loi d’Orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure de 2011, en vigueur en France, la vente à la sauvette devient un délit puni d’une peine de six mois de prison assortie d’une amende de 3750 euros.

Pour contourner le risque de se faire prendre, une femme a trouvé une idée très spéciale : celle de promener sa marchandise dans un sac hermétiquement fermé, donnant l’impression d’être de passage. Ainsi, réussit-elle à écouler sa marchandise. Il faut être sur les lieux pour le constater. En remarquant un client, elle vient discrètement proposer ses produits.

Qui sont ces vendeuses ?

Ces femmes, d’origines congolaises (des deux rives) pour la plupart, et ouest-africaines ont rythmé leur mode de vie à cette cadence. Une fois le nombre de femmes assez important sur le terrain, la police lance l’assaut pour en attraper quelques-unes. Une chasse bien souvent infructueuses pour la police. Car, comme des animaux sauvages, elles sentent le danger venir, souvent averties par un éclaireur. C’est à une vitesse incroyable qu’elles rongent leurs affaires, se faufilent dans la masse et disparaissent sans laisser ni plumes ni traces. Elles ne partent pas loin et restent à observer si la police a réellement quitté les lieux. Tellement obstinées au point d’attribuer l’uniforme de police à tout passant curieux.

« Nous sommes habituées à ce mode de vie. Ils nous pourchassent tout le temps. Ben… Ils vont encore revenir. Nous ne pouvons faire autrement. Ce commerce nous aide à joindre les deux bouts, car je ne travaille que de nuit et la journée je suis commerçante », a affirmé Jeannette Oba. Olga Kawani, une autre vendeuse, a avoué exercer ce commerce à temps plein. A peine arrivée een France, et dans l’attente d’un emploi décent, elle se lance dans le commerce illégal.

Cette ambiance du jour change une fois la nuit tombée sur ce quartier africain de Paris. Le soir, le tour revient aux vendeurs à la sauvette qui affluent le long de l’avenue qui mène à la station de Métro. A la place des denrées alimentaires, on trouve des sacs, chaussures, gonds et bien plus encore. Un véritable marché de pacotilles qui renvoie au quotidien de l’Afrique. Bien que ce soit Paris, il n’est pas rare d’entendre des gens s’exprimer dans les langues de  chez eux. On serait tenté de dire qu’ici le lingala est très prisé. et chacun fait l’effort de pouvoir dire ne serait-ce que « Mboté ! »

One thought on “Château Rouge à Paris : vendeuses et policiers jouent au chat et à la souris

  1. « Comme des animaux sauvages etc etc… sans laisser ni plumes ni traces… » pour parler de femmes et d’hommes qui tentent de s’en sortir de la seule manière qu’ils connaissent… Là on peut dire que l’on a encore perdu une « soeur ». Reposez en paix

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