home Brazzaville, Congo Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU) : « Silence nous sommes en grève »

Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU) : « Silence nous sommes en grève »

L’intersyndical du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) vient de mettre en exécution son « avis de grève avec service minimum ».

Au matin du mardi 1er août 2017, date de l’expiration de l’ultimatum lancé par les syndicalistes à la direction générale du CHU-B, le « service minimum » fonctionne normalement. Au service des maladies métaboliques, les médecins et les malades « ne sentent pas de différence avec les jours ordinaires ».

« La visite a eu lieu aux heures habituelles », témoigne un diabétique qui vient de recevoir son billet de sortie après une semaine d’hospitalisation avant d’ajouter : « S’il y avait grève, l’hôpital ne fonctionnerait pas à ce rythme. Car, depuis que je suis ici, le rythme est le même. Chaque matin le groupe de médecins passe. On me prélève la glycémie, on me demande comment j’ai dormi. On me demande de manger et de prendre mon Betfomine 1000. Les médecins m’avaient promis que je n’attendrai pas mercredi ici, ils viennent de me signer le billet de sortie. J’ai payé mes frais d’hospitalisation et je rentre chez moi. Je reviens au contrôle le 22 août prochain ».

Présents à leurs postes de travail comme la plupart de leurs collègues, les docteur Mayanda et Andzouana suivent comme d’habitude les malades et veillent au bon fonctionnement du service. « On ne sait pas qui organise et programme le fameux service minimum. Nous n’avons reçu aucune consigne dans ce sens et nous travaillons comme d’habitude », expliquent-ils.

Si des absences sont signalées dans certains services qui, en effet, tournent au ralenti, au laboratoire, à la maternité, aux urgences, à la chirurgie, en ophtalmo, en médecine, l’impact du mouvement n’a pas encore perceptible. « Le CHU connait un problème de déficit de personnel. Mais si ceux qui travaillent ne sont pas nombreux, nous avons l’impression que c’est l’ordinaire » explique Raphael qui accompagne sa femme à la maternité.

L’absence de voitures personnelles dans les parkings fait réfléchir et témoigne d’un climat spécial au CHU. Pour Marie-France, évoluant au service de Pédiatrie grand enfants, pense que « les propriétaires de véhicules ont, par précautions, laissé leurs moyens à la maison. Même moi, j’ai laissé ma Rav4 et j’ai pris un taxi de peur que ça dégénère et que l’on me casse la voiture. Mais je constate que le climat est normal. »

En rappel, l’intersyndical conditionne la levée de son mot d’ordre de grève, avec service minimum, à la « satisfaction totale de toutes ses revendications », par la direction générale. Le procès-verbal de l’assemblée général indique qu’il réclame, entre autres, « la matérialisation des instructions du président de la République, la proximité avec les agents à travers l’amélioration et la régularité de la communication avec la hiérarchie, la mise en place d’un plan d’actions pour l’exécution des recommandations des audits institutionnel, organisationnel et financier ainsi que l’implication de l’ensemble du personnel dans la résolution des problèmes qui se pose à cet hôpital ».

L’intersyndical ne demandera non plus aux agents de reprendre le travail sans le « paiement des salaires » qu’il pose comme « condition sine qua non des travailleurs pour lever le préavis de grève ». Les travailleurs s’attendent aussi au règlement de la dette sociale, notamment celle des retraités et les allocations familiales, la communication du calendrier de la paie des salaires.

Avec 242infosnet

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