home Art & Culture, Brazzaville, Congo Carel Mottom Mamoni, ministre congolais de la Culture: « Le secteur culturel est un vecteur de créations d’emplois »

Carel Mottom Mamoni, ministre congolais de la Culture: « Le secteur culturel est un vecteur de créations d’emplois »

Porté à la tête du ministère congolais de la Culture depuis environ 3 mois, le ministre  Carel Mottom Mamoni a multiplié des rencontres avec les acteurs du secteur. L’homme voulait cerner les contours du paysage culturel congolais. Il dresse un bilan de cette tournée dans un entretien accordé aux Dépêches de Brazzaville.

« J’ai rencontré divers acteurs culturels pour prendre le pouls, les écouter et évaluer les besoins de la communauté culturelle. Il en est ressorti au cours de ces rencontres que le secteur culturel n’est pas structuré. Les artistes ne disposent pas d’un statut, encore moins les opérateurs culturels. Beaucoup de structures sous tutelle ne disposent pas de statut juridique. Les artistes ne reçoivent pas d’aide de la part de l’État », a indiqué le ministre dans un entretien avec les Dépêches de Brazzaville. M. Mamoni veut redonner confiance aux acteurs culturels « délaissés », voire « méprisés » depuis tant d’années et inventer avec eux l’avenir de la vie artistique et culturelle du Congo. Conformément au programme de société de Denis Sassou Nguesso qui veut créer des incubateurs d’entreprises pour créer des emplois, le ministre entend faire du secteur culturel un de ces incubateurs. « Ce secteur est beaucoup pratiqué par les jeunes. La prise en compte du secteur culturel parmi les secteurs incubateurs dans ce volet de réponses urgentes est nécessaire. Car ce secteur où excellent plusieurs jeunes nécessite un regard plus profond des pouvoirs publics d’autant plus que l’emploi des jeunes est au cœur du programme du président de la République, Denis Sassou N’Guesso. Le secteur culturel est un vecteur de créations d’emplois directs et indirects », a-t-il dit.

Le ministre promet également la mise en place d’un fonds de soutien et  l’acheminement des livres d’auteurs congolais de la France vers Brazzaville. Ce fonds est déjà opérationnel, selon Carel Mottom Mamoni. 

En ce qui concerne le spectacle vivant, les arts plastiques, la photographie ou le cinéma qui ont eux aussi besoin de subvention, le ministre de Sassou annonce la mise en place des fonds d’aide à la création et la diffusion artistique. 

« Que ce soit le spectacle vivant, les arts plastiques ou la photographie, des subventions seront accordées selon le processus que nous définirons aux structures en règle avec les nouvelles dispositions juridiques concernant le secteur culturel. Pour le cinéma, c’est un secteur qui mobilise souvent de gros moyens. Nous réfléchissons à la création d’un Centre national de cinéma », précise le ministre.

La même chose pour les photographes. Un mécanisme sera adopté pour leur permettre d’avoir une épargne sociale pour leur retraite par la taxation des tirages photos. 

Pour bénéficier de tous ces avantages, les acteurs doivent être en règle avec la nouvelle législation en vigueur au Congo.

Revenant sur le soutien de l’Union Africaine pour l’organisation du Fespam, le ministre indique que cet apport se traduira par l’engagement d’encourager toutes les diasporas africaines à participer à ce projet. 

« L’UA prendra aussi en charge les prestations de quelques experts qui animeront les colloques ou la formation dans les métiers de la musique ou de la gestion de structure culturelle », déclare le patron de la culture au Congo pour qui cette participation de l’instance africaine fait partie des engagements de l’UA.  Carel Mottom Mamoni envisage aussi redorer le blason terni du Fespam et en faire un événement incontournable et compétitif sur le plan international en remettant l’aspect panafricain de l’événement en ouvrant des postes importants aux pays membres de l’UA. 

« Le Fespam sera vécu réellement comme un événement national et international. Certains groupes des départements feront leur entrée dans la programmation. Des podiums seront placés dans tous les arrondissements de Brazzaville afin de démocratiser la culture et donner accès aux quartiers périphériques souvent loin des zones où se déroulent les activités. Pendant longtemps, le Congo s’était retrouvé quasiment seul à financer et à gérer l’événement. Désormais l’UA va participer tant financièrement que techniquement », dit-il.

Pour rendre possible l’apport de la culture et des arts à l’économie congolaise, le ministre estime que les mesures et mécanismes qu’il met en place permettront de corriger la situation. La mise en place du statut de l’artiste et de l’entrepreneur culturel, le développement du mécénat culturel, la politique de subvention sont des éléments qui vont générer une réelle économie culturelle. 

La question d’infrastructures culturelles publiques est en cours de règlement. La construction des infrastructures  culturelles fait partie des investissements que le ministère congolais de la culture compte faire. 

« Il y a déjà le palais de la culture qui est prévu à Kintélé. Ensuite, dans chaque département nous construirons des maisons de la culture afin de permettre l’accès à tous à la culture. La culture est un facteur de cohésion sociale, un vecteur de paix. Nous voulons démocratiser la culture. Il est donc indispensable de construire des salles de spectacles », indique Carel Mottom Mamoni.

Une réhabilitation du Cfrad et du Cercle Sony-Labou-Tansi, des lieux importants de création et de diffusion de spectacles, est prévue. 

« Mais nous réfléchissons aussi à la création d’une nouvelle structure qui regroupera les deux entités. Cette structure sera le moteur de la réalisation du programme culturel du ministère », conclu M. Mamoni.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller à la barre d’outils