Brazzaville : Réouverture de l’hôpital de base de Talangaï

Brazzaville : Réouverture de l’hôpital de base de Talangaï
La façade principale de l’hôpital de base de Talangaï

La façade principale de l’hôpital de base de Talangaï

Endommagé par les explosions des dépôts de munitions des casernes de Mpila, le 4 mars 2012, l’hôpital de base de Talangaï est rouvert au public. Le ruban symbolique marquant la réouverture de cet hôpital a été coupé le 7 avril 2015 par le ministre d’État, ministre du travail et de la sécurité sociale, Florent Ntsiba.

Situé dans le 6ème arrondissement de Brazzaville (Talangaï), cet hôpital a été réhabilité par l’Etat congolais, pour un coût global de 12 milliards 277 millions de francs CFA, dont 3,075 milliards pour les travaux de réhabilitation et 9,210 milliards francs CFA pour les équipements. Les travaux ont été réalisés par la société chinoise Beijing Construction Engineering Group. Mais, l’équipement a été effectué par la délégation générale aux grands travaux (DGGT) qui a identifié les sociétés de la place habilitées à fournir des équipements médicaux. Ces sociétés ont travaillé en collaboration avec la direction générale de l’hôpital, qui a exprimé les besoins de tous les services y compris ceux qui se sont ajoutés, comme la réanimation polyvalente, les maladies infectieuses, etc. Quatre sociétés ont travaillé pour la finalisation des équipements, notamment EMES, Air Liquide, ACS et C. Dandres. La société C. Dandres a travaillé en sous-traitance dans le cadre de la climatisation spécialisée au niveau des blocs, de la maternité, de l’arrière polyvalente, et du scanner.

Déjà, juste après le drame du 4 mars, la société australienne, Congo Iron SA, qui s’occupe de l’extraction du fer dans le département de la Sangha, a offert du matériel médical d’une valeur de 50 millions de francs CFA à cet hôpital. Et, suite à l’appel d’offres lancé aux fournisseurs congolais de matériel médical, la société Comateg-Médical SARL a été retenue pour fournir les équipements du bloc opératoire et du service gynécologique. Le reste a été complété par la société EMES.

Aujourd’hui, plus qu’une réhabilitation, l’hôpital de Talangaï a pris la dimension d’une structure nouvellement construite. Il est maintenant doté d’un nouveau plateau technique avec des services et unités tels que la réanimation polyvalente, la scannographie et la mammographie, la radiologie numérisée, la stérilisation et la buanderie. Sa capacité d’accueil est passée de 237 à 309 lits, répartis comme suit : 48 lits pour la chirurgie ; 48 lits pour la médecine interne ; 27 lits pour l’unité de cardiologie ; 34 lits pour les maladies infectieuses ; 49 lits, soit 27 grands lits et 22 berceaux pour la pédiatrie ; 70 lits pour le service de gynéco-obstétrique ; 20 lits, dont 4 grands lits et 16 berceaux pour l’unité de néonatologie ; et 14 lits pour la réa-polyvalente.

La réhabilitation de l’hôpital de Talangaï a permis de créer quelques bâtiments et services supplémentaires. Il y a dix-huit bâtiments au total, dont la façade principale et un bâtiment situé au fond de l’hôpital pour abriter les services spécialisés tels que la stomatologie, l’ORL, l’ophtalmologie, la réa-polyvalente, la médecine générale et le dépôt de pharmacie. Des réaménagements ont été réalisés là où étaient la radiologie, le scanner, la mammographie ainsi qu’au-dessous du bâtiment administratif. La maternité a subi des modifications. Le bloc opératoire a été aménagé, et une grande salle de réveil a été créée. Au total, quatre nouvelles grandes salles de néonatologie ont été aménagées, de même que deux salles d’hospitalisation, deux bureaux, et une grande salle de réchauffage pour les nouveau-nés.

Le soulagement des populations

Les agents de la direction générale du Trésor public qui travaillaient dans une structure très exiguë sont désormais dotés d’une structure en bonne et due forme. Ils y seront avec les représentants de l’hôpital en matière de finances. Car, conformément à la nouvelle politique du plan national du développement sanitaire, l’hôpital ne rétrocède plus de fonds au Trésor. Ce sont les agents du Trésor public affectés sur place qui ont la mission de gérer les recettes et les dépenses de l’hôpital.

Selon coordonateur technique de la délégation générale aux grands travaux, Oscar Otoka, « l’hôpital de Talangaï réhabilité, fort de son plateau technique rénové, nanti des équipements de dernière technologie, offrira un éventail des prestations de qualité. Les travailleurs, utilisateurs de la structure modernisée, équipée d’appareils de dernière génération, y trouveront un champ d’expression approprié pour donner le meilleur d’eux-mêmes». Il a indiqué que les travaux de construction de la station d’épuration et d’incinération, ainsi que de la signalisation pour des besoins d’exploitation courante et de fluidité sont en cours.

A cause de la destruction de l’hôpital de Talangaï, les populations de la partie septentrionale de Brazzaville se rendaient au Centre de santé intégré Marien-Ngouabi, si elles n’étaient pas obligées de recourir aux structures privées, aux capacités d’accueil parfois douteuses. Le ministre de la Santé et de la Population, François Ibovi, a confirmé que durant la période de réhabilitation de cet hôpital, le déséquilibre de la répartition des salles de soins a fait que plusieurs malades s’orientent au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU). Conséquence : il y a eu des engorgements importants aux urgences du CHU.

L’hôpital étant réhabilité et rouvert au public, François Ibovi a dit qu’il revenait à tout le monde la lourde mission de bien le gérer. «Pour mieux accomplir ce devoir, je sollicite la compréhension de la population qui doit, dorénavant, consulter le centre de santé le plus proche avant de s’adresser à l’hôpital de référence», a-t-il dit. Au personnel de l’hôpital, il lui a demandé de respecter le circuit du patient ou du plaignant et de bien entretenir les moyens techniques mis à sa disposition. Il a demandé particulièrement aux médecins et aux paramédicaux de réserver un accueil digne aux patients ainsi qu’à leur accompagnant, conformément à la déontologie médicale.

En réalité, l’extension de l’hôpital de base de Talangaï va poser davantage le problème du personnel. Car, outre le manque du personnel médical qualifié, il se posait déjà le problème du personnel sanitaire qui bafouait la culture professionnelle, battant en brèche le serment d’Hippocrate qu’ils ont prêté. Surtout les sages-femmes étaient souvent maille à partir avec les femmes qui allaient accoucher dans cet hôpital. Mais, il s’agit d’un problème de comportement et de culture, qui oblige les responsables de l’hôpital d’avoir un regard dessus.

© Congo-site


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