Brazzaville et Kinshasa engagées à consolider leur liens

Brazzaville et Kinshasa engagées à consolider leur liens

Jean-Claude Gakosso et Raymond Tshibanda

Jean-Claude Gakosso et Raymond Tshibanda

Le ministre des Affaires étrangères de la République du Congo a effectué une mission de travail de soixante-douze heures en République démocratique du Congo, pour raffermir la coopération entre Brazzaville et Kinshasa.

Dans le canot rapide qu’il emprunte pour Kinshasa, le 18 janvier, en milieu de matinée, Jean Claude Gakosso est accompagné de l’ambassadeur de la République démocratique du Congo à Brazzaville, Christophe Muzungu. Les formalités au beach Ngobila où les attendait l’ambassadeur de la République du Congo à Kinshasa, Clément Yandoma, se déroulent prestement. Le chef de la diplomatie congolaise est ensuite rejoint à son hôtel par son homologue Raymond Tshibanda. Prise de contact pour quelques minutes et les deux hommes foncent vers les bureaux privés du président Joseph Kabila dans les hauteurs du quartier résidentiel de la Gombe, à quelques encablures du Palais de la Nation, sa résidence officielle.

L’entretien entre le président Joseph Kabila et le ministre Jean-Claude Gakosso prend une quarantaine de minutes hors des caméras et des micros. « No press » nous répètent alors les services du président de RDC, tatillons, mais sereins. Si rien n’a filtré de cet échange, il faut néanmoins retenir qu’entre les deux Congo, deux pays condamnés à vivre ensemble pour des raisons évidentes de proximité et de familiarité, les sujets de discussion ne manquent pas. Ce que révéleront d’ailleurs les déclarations des deux ministres lors du déjeuner de travail organisé, le 19 janvier, à l’initiative de Raymond Tshibanda.

« Je me sens bien ici à Kinshasa et je ne ménagerai aucun effort pour que les relations entre nos deux pays repartent sur une nouvelle base, qu’il n’y ait pas de nuage. Nos peuples qui ont toujours vécu en symbiose, dans la fraternité, doivent continuer de jouir de ce bonheur exceptionnel parce qu’en réalité, comme chacun sait, nous sommes un seul et même peuple », expliquait Jean-Claude Gakosso ajoutant vouloir pour les deux Congo « les meilleures relations possibles ».

« La République du Congo et la République démocratique du Congo sont le cœur de l’Afrique. Si entre nous, il y a des problèmes, l’ensemble du continent en souffrira. Comportons-nous en complices pour le bien de nos Etats, de nos populations », renchérissait Raymond Tshibanda, pour qui Brazzaville doit savoir qu’elle a, de l’autre côté du fleuve Congo, « un partenaire prêt à travailler pour la consolidation des relations entre les deux peuples et la sous-région ».

Comme cela s’entend, les deux ministres exprimaient la volonté de consolider l’unité entre Brazzaville et Kinshasa. Une consolidation qui passe sans doute aussi par la relance de la coopération bilatérale Congo-Rdc dans l’un de ses compartiments les plus visibles, devenu presque sensible depuis quelques années, à savoir la reprise effective et complète du trafic fluvial entre les deux capitales. Depuis deux ans, le fleuve Congo, naguère grouillant d’embarcations emplies de fret et de passagers dans des grands bacs, est tristement calme, et les deux villes semblent se regarder jalousement, presque par amour, peut-être par volonté de créer le dégel. « Dans une famille, il peut y avoir des moments de bonheur, de détresse et d’incompréhension, le plus important est qu’on reste uni et soudé sur l’essentiel », reconnaissait encore le ministre Raymond Tshibanda.

Pour rappel, le 4 avril 2014, l’opération de police Mbata Ya Bakolo, lancée à Brazzaville pour tenter de circonscrire le phénomène de l’immigration clandestine, source d’insécurité avec sa cohorte de phénomènes criminogènes fortement décriés avait visé des étrangers dont des ressortissants de la République démocratique du Congo. La mise en œuvre de cette opération n’avait pas été appréciée de la même manière de part et d’autre du fleuve Congo. Après des moments de frictions qui risquèrent de compromettre des relations de longue date, les deux parties avaient fini par tirer les enseignements de Mbata Ya Bakolo, des conséquences qu’elle avait pu entraîner, au final de la manière dont la question des flux migratoires entre le Congo et la RDC pouvait être traitée de manière concertée pour le bien des deux peuples.

Pour concrétiser cette reprise, une Convention sur la circulation et l’établissement des personnes et des biens fut signée au terme de pourparlers tenus à Kinshasa, le 3 juin 2014. Ce que confirmaient ensuite les présidents Denis Sassou N’Guesso et Joseph Kabila, le 19 septembre de la même année, dans un communiqué conjoint, lors d’un voyage du chef de l’Etat congolais à Kinshasa. Depuis, les experts des deux pays travaillent à la mise en pratique des dispositions de la Convention. Les échanges que Jean- Claude Gakosso et Raymond Tshibanda ont eus, les 18 et 19 janvier 2016, participent, comme les deux ministres l’ont exprimé de vive voix, de cette volonté commune de remettre à flot les relations entre Brazzaville et Kinshasa.

Gankama N’Siah



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