Ali Bongo: “On me demande de violer la loi”

Ali Bongo: “On me demande de violer la loi”

Ali Bongo Ondimba, le chef de l’Etat gabonais ne compte pas céder le pouvoir face aux réclamations de l’opposition et de la communauté internationale qui demandent un recomptage des voix devant la Commission électorale. Pour celui qui est déclaré élu par son ministre de l’Intérieur, c’est la Cour constitutionnelle qui s’en occupera. Ali Bongo rejette également toute responsabilité en ce qui concerne les violences, postélectorales. Il accuse l’opposition de les avoir téléguidées.

Dans une interview accordée à RFI mercredi, Ali Bongo, qui s’attend à recevoir une délégation de l’Union Africaine, estime qu’à l’heure actuelle, il s’agit de respecter la loi. «Certains noms ne peuvent pas prétendre méconnaitre la loi. Etre un bon démocrate, ça veut donc dire respecter les lois de son pays », accuse-t-il.

Ali Bongo juge la demande de l’opposition concernant le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote, demande soutenue par l’Union européenne, l’ONU, la France, les Etats-Unis comme une invite à violer la loi de son pays. « On est en train de me dire qu’il faut que je viole la loi, que l’on prononce les mots clairement. On me demande de violer la loi ? C’est quand même particulier parce que souvent, on fait le reproche aux Africains de ne pas suivre les lois de leur pays. Moi, je ne dicte pas les lois. Je les fais appliquer. Et c’est le rôle de tout gouvernant », dit-il. Avant d’ajouter : « C’est au niveau de la Cour constitutionnelle que l’on compte et que l’on fait le recomptage des bureaux de vote ».

Mais, l’opposition gabonaise n’a pas confiance en la Cour Constitutionnelle mise en place par Ali Bongo. Une position que ne comprend pas le Chef de l’Etat gabonais. « Je réponds que lorsqu’un candidat de l’opposition gagne une élection qui est validée par la Cour constitutionnelle, curieusement cette Cour constitutionnelle ne pose pas de problème. Et pourquoi les résultats donc pourraient être biaisés ? Pourquoi ? », questionne-t-il.

Répondant aux accusations concernant les chiffres de la province du Haut-Ogooué où il a gagné à plus 95% des voix, Ali Bongo se dit étonné.

« C’est étonnant que l’on crie à la fraude les résultats dans le Haut-Ogooué. Je suis étonnée qu’on n’en parle pas », déclare M. Bongo parlant d’un hacker ivoirien présumé arrêté par le pouvoir gabonais et qui est accusé d’organiser la fraude au profit de Jean Ping.

« Mais il y a plusieurs localités et provinces pour lesquelles il y a des choses à dire. En ce qui concerne le Haut-Ogooué, nous faisons ce résultat grâce à la compagne honteuse de Monsieur Ping, qui a stigmatisé les populations du Haut-Ogooué, qui nous a insultés et qui a fait en sorte qu’il y ait une réponse massive, une mobilisation sans précédent des populations du Haut-Ogooué. Maintenant, la loi est là. Si Monsieur Ping a un problème, il va à la Cour constitutionnelle », lance Ali Bongo.

Alors que l’opposition accuse le pouvoir d’utiliser le Haut-Ogooué comme une variable d’ajustement dans les résultats, M. Bongo estime qu’il est fâcheux de stigmatiser une province avançant que la plupart des hommes politiques ont un fief dans lequel il y a des résultats importants. Ali Bongo pense que Jean Ping n’a jamais été en possession de la globalité des PV sur l’ensemble du territoire avant de se proclamer président.

Alors que le pays semble bloqué, Ali Bongo, préoccupé par la consolidation de son règne n’envisage pas de dialogue avec Jean Ping et l’opposition. « Pour l’instant, ce qui est important et ce qui est envisageable, c’est que nous respections tous la loi », répond-il.

Abordant la démission du ministre de la Justice, Séraphin Moudounga, le chef de l’Etat gabonais indique qu’il a démissionné pour d’autres raisons qui ont trait à son passé.  Quant à une probable nouvelle vague de violences qui pourrait survenir après le verdict de la Cour constitutionnelle, Ali Bongo dénonce un mouvement piloté et organisé par Jean Ping.


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