Alain Akouala, ministre congolais: «Le président est dans une posture de construction d’un legs historique»

Alain Akouala, ministre congolais: «Le président est dans une posture de construction d’un legs historique»

Le ministre Alain Akouala-Atipault.

Alain Akouala Atipault, Ministre à la présidence de la République chargé des Zones économiques spéciales

Ministre à la présidence de la République, chargé des zones économiques spéciales, membre du bureau politique du P.c.t (Parti congolais du travail), Alain Akouala-Atipault a accordé une interview au magazine «Marchés Africains», qui a consacré une édition hors-série au Congo, parue en mai 2015. Dans cette interview, il critique les leaders de l’opposition qui «ne militent pas pour le progrès et l’amélioration des conditions de vie, mais pour leurs intérêts personnels».

Il considère que «le président Sassou-Nguesso, aujourd’hui, n’est véritablement plus dans une posture de conquérant du pouvoir, mais plutôt de construction d’un legs historique pour la postérité». Voici l’intégralité de cette interview.

* Que répondez-vous aux leaders de l’opposition qui sont farouchement opposés à une modification de la Constitution congolaise?
** Nos frères de l’opposition manquent de constance dans leurs idées, et cela les rend ridicules. Je rappelle qu’en 2009, tous ces soi-disant leaders de l’opposition étaient pour le changement de la Constitution. Mathias Dzon, Clément Mierassa, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou et autres Pascal Tsaty-Mabiala ne sont pas des politiciens de conviction. Leur souci n’est pas le Congo, mais leur petite personne. Ils ont peut-être oublié et croient s’être racheté une conduite. Et pourtant, quand ils étaient candidats à la présidentielle du 12 juillet 2009, chacun a déclaré vouloir, une fois élu, changer en priorité la Constitution du 20 janvier 2002. Exemple de ce que Clément Mierassa, l’un de ceux qui «gueulent» le plus, ardent défenseur de la Constitution aujourd’hui, a soutenu, à l’époque; je cite: «Le mandat de sept ans est une aberration. Pourquoi? Prenez les États-Unis. C’est un régime de type présidentiel. Et vous savez que la durée du mandat est de quatre ans. Et au Congo, on a voulu renforcer les pouvoirs entre les mains d’une seule personne. Et faire un mandat de sept ans. Si on renforce autant de pouvoirs entre les mains d’une seule personne, il faut fondamentalement revoir la durée du mandat». On comprend que la plupart de ces opposants ne militent pas pour le progrès et l’amélioration des conditions de vie, mais pour leurs intérêts personnels…

*Mais les temps ont changé, puisque l’opposition congolaise semble avoir trouvé un allié de taille dans la communauté internationale: Washington et Paris sont opposés à tout changement de cette Constitution. Ces positions ne peuvent-elles pas conduire le P.c.t ou le président Sassou-Nguesso à faire marche arrière sur ce supposé changement de la Constitution?
** Croyez-vous qu’en Afrique et, particulièrement au Congo, nous ayons de la boue à la place du cerveau? Est-ce que nous sommes des demeurés? Cette communauté internationale devrait «manger son chapeau», notamment au regard de ce qui s’est passé en Lybie, en Irak ou encore en Syrie, ou de ce qui a failli se produire en Iran. Cette même communauté internationale n’a pas en elle-même un fonctionnement démocratique. Quand vous voyez que certaines dispositions, à l’exemple de la Charte des Nations unies, ne sont pas respectées quand il s’agit de déclencher un certain nombre de conflits, où est la soi-disant démocratie mondiale? Lorsque la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu, que l’on attend depuis les années 90, n’est toujours pas entreprise, alors que des pays importants comme l’Allemagne et le Japon, qui ne sont pourtant pas africains, attendent qu’on daigne leur octroyer un siège, où est la démocratie? Ils ont leur point de vue, mais qui est sous-tendu par une réalité économique. Qu’on ne perde pas de vue que l’Afrique est au cœur des convoitises internationales, même si cela ne doit pas nous dédouaner de nos fautes et de nos erreurs au niveau de la gouvernance de nos États, et qui servent de prétexte à ces dites «grandes puissances», pour mettre cela en relief et dire à nos jeunes: vous voyez comment vos gouvernants travaillent mal, alors faites la révolution…

* Beaucoup pensent qu’en cas de changement de Constitution, ce sera toujours le président Sassou-Nguesso à la barre. Mais jusqu’à preuve du contraire, celui-ci n’a rien dit et pourrait à la surprise générale ne même pas se présenter. Par son silence, n’alimente-t-il pas involontairement la pression et ce climat de rumeur?
** Denis Sassou-Nguesso est, incontestablement, le dernier des géants de la politique africaine, un homme qui domine, par son aura, toute la classe politique congolaise et qui a vu émerger tout son personnel politique actuel, un homme qui, dès 17 ans, s’est engagé dans l’action politique.
En 1963, lors de la démission de l’abbé Fulbert Youlou, c’est lui qui ouvre le portail du Palais à Jacques OpangauIt qui avait abrégé sa mission à Rome, pour venir se constituer, par solidarité, prisonnier au côté du président Fulbert Youlou. Bref, cela vous donne une idée de la place qu’il occupe dans l’histoire de notre pays. Mais, c’est un homme qui ne parle jamais de lui. Par conséquent, face à lui, tous ces opposants se disent: s’il est encore candidat, nous n’avons aucune chance. Cela signifie qu’ils veulent le pouvoir pour le pouvoir, et n’ont aucun projet politique. Alors que le président, aujourd’hui, n’est véritablement plus dans une posture de conquérant du pouvoir, mais plutôt de construction d’un legs historique pour la postérité. L’opposition et tous les candidats virtuels à la magistrature suprême, ne l’ont toujours pas compris.

Propos recueillis par
Christian LAPEYRE
(Pour le magazine «Marchés Africains» Edition Congo, hors-série n°43 Mai 2015, page 13).


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1 comment

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  1. Dumez
    Dumez 13 juin, 2015, 00:26

    Très drole ! le legs de Sassou est déjà connu !
    c’est celui des coups d’état, destabilisation, manipulation, et ethnicisme
    on attend toujours sa part de vérité sur la mort de Marien Ngouabi,
    la dépouille de Massambat-Débat, et la semaine rouge !
    Plus de mille milliards d’investissements pour Oyo, son village, et ses environs,
    au point qu’il n y a plus photos avec Owando le chef-lieu dedepartement !
    Au pouvoir depuis 1997 avec des revenus conséquents pendant au moins 15 ans, et toujours pas
    de couverture maladie pour les Congolais !
    Faux batisseur, qui a baclé l’autoroute BZV-PN pour nous pondre une route accidentogene !
    Imposteur !

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