home Brazzaville Affaire Jean-Martin Mbemba : Me Ambroise Hervé Malonga s’insurge contre la manière de dire le droit

Affaire Jean-Martin Mbemba : Me Ambroise Hervé Malonga s’insurge contre la manière de dire le droit

Jean-Martin Mbemba, l’ancien ministre de la Justice|DR
Jean-Martin Mbemba, l’ancien ministre de la Justice|DR

Dans une conférence de presse qu’il a donnée, mercredi 17 juin 2015, à Makélékélé, le premier arrondissement de Brazzaville, Me Ambroise Hervé Malonga, l’un des avocats de défense dans l’affaire Jean-Martin Mbemba, du nom du président de la C.n.d.h (Commission nationale des droits de l’homme) et du colonel Jean-Claude Mbango, ancien directeur départemental de la police à Kinkala (Département du Pool), a condamné «les manœuvres dictatoriales» des magistrats de la Cour suprême qui ont rendu un arrêt arbitraire sur cette affaire.

Il qualifie cette décision de justice «d’injuste» et demande à la Cour suprême d’annuler la sanction infligée à Me Amédée Nganga, depuis le 29 avril 2015, qui l’interdit de ne plus exercer sa profession d’avocat dans les juridictions nationales.

Pour Me Ambroise Hervé Malonga, l’arrêt de la Cour suprême sur l’affaire Martin Mbemba et autres est injuste. Selon lui, comment comprendre que cet arrêt, attendu pour le 16 juin 2015, soit précipitamment publié dans le journal «Les Dépêches de Brazzaville», dans son édition du jeudi 11 juin 2015, alors que les avocats de la défense n’étaient pas informés?

Selon lui, «c’est une fuite en avant, une mascarade, une trahison orchestrée par les magistrats». «Nous savons que la République est fondée sur la justice qui doit s’exercer en toute liberté. Et partant de là, les décisions des cours et tribunaux ne doivent, en aucun cas, influencer les politiques et être mises à la disposition de qui que ce soit, avant l’arrêt de la procédure. Le juge exerce ses fonctions sans favoritisme, ni parti pris, ni encore moins porter préjudice à qui que ce soit», a souligné Me  Ambroise Hervé Malonga.  

Ce dernier s’est, ensuite, appesanti sur l’affaire de Me Amédée Bernard Nganga, exclu des juridictions nationales, depuis le mercredi 29 avril 2015, par les magistrats, «pour, semble-t-il, avoir prononcé des paroles vexatoires, outrageantes et tenu des propos fort désobligeants, insultants, en tout cas, inadmissibles à l’égard de la Cour suprême et des hauts-magistrats».

«A ce sujet, la Cour suprême ne peut que rendre un arrêt délibérant et des avis, lorsqu’elle est saisie. Or, pour le cas d’espèce de Me Nganga, aucune procédure n’a été engagée. C’est donc pour la première fois que la Cour suprême, par le biais de son président, Placide Lenga, rend publique une déclaration qui est, pourtant, du ressort des partis politiques. La Cour suprême ne peut pas se substituer à l’Ordre des avocats, pour sanctionner un des leurs. Nous savons que cette cour n’a pas compétence d’infliger une sanction à un avocat, comme si un avocat se mettait à sanctionner un magistrat. Nous pensons que nos magistrats doivent dire le droit de manière sereine et non dans l’arbitraire. En ma qualité de président du collectif des avocats, des démarches sont menées, pour que la sanction soit levée et que Me Amédée Bernard Nganga retrouve ses marques d’avocat qui est, d’ailleurs, une profession libérale», a dit Me Ambroise Hervé Malonga.
L’avocat a, enfin, invité le président de la République, magistrat suprême, «à arrêter cette hémorragie de dictat et de corruption qui commencent à paralyser l’appareil judiciaire dans notre pays».

LASEMAINEAFRICAINE

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