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4ème forum Forbes Afrique : Le numérique vecteur de croissance inclusive pour l’Afrique

Denis Sassou N’Guesso au 4ème forum Forbes Afrique
4ème forum Forbes Afrique, que la capitale de la République du Congo (Brazzaville) a abrité, le mardi 21 juillet 2015.|DR

Le digital peut-il véritablement servir de levier du développement économique de l’Afrique ? Cette question récapitule l’ensemble des réflexions du 2ème panel les participants au 4ème forum Forbes Afrique, que la capitale de la République du Congo (Brazzaville) a abrité, le mardi 21 juillet 2015. Les travaux ont été placés sous l’autorité du chef de l’Etat congolais Denis Sassou N’Guesso qui avait à ses côtés, ses homologues ivoirien, Alassane Ouattara et ghanéen, John Dramani Mahama.

 
Les intervenants dans le deuxième panel ont centré leurs réflexions autour du numérique comme « vecteur de croissance inclusive pour l’Afrique ». Cinq acteurs du monde politique, économique et numérique ont présenté les obstacles qui ont freiné jusque-là le développement de l’Afrique, alors que l’économie numérique se développe rapidement dans le monde entier.
 
En effet, pour les conférenciers de ce panel, les nouvelles tendances technologiques, telles que les solutions mobiles, les réseaux sociaux, … offrent une nouvelle gamme de possibilités de services dans l’économie du savoir. Ce qui constitue, selon eux, un potentiel pour la création de valeurs.
 
Avec l’un des taux de croissance les plus enviables et second plus important marché (en terme de volume) du mobile après l’Asie, l’Afrique devra mettre en place des stratégies pour adopter des technologies numériques considérées, comme facteur déterminant de la croissance dans les années à venir et saisir les opportunités de l’économie numérique pour un développement inclusif, améliorer les opérations commerciales, inventer de nouveaux modèles économiques, créer des emplois et profiter de la croissance à venir.
 
Au cours d’un échange interactif, les panelistes, Thomas Luhaka Losendjola, vice-premier ministre et ministre des Postes, télécommunications, nouvelles technologies de l’information et de la communication de la République Démocratique du Congo, Dr Kamal Bhattacharya, vice-président d’IBM Research-Afrique, Daniel Cohen, professeur d’Economie et co-fondateur de l’Ecole d’Economie de Paris, Mme Dorothy Gordon, Directrice générale du centre Kofi Annan Ghana-Inde d’excellence dans les TIC  et Stephen Zhang, Directeur adjoint de Mindray en charge de l’Afrique sont parvenus à la vérité selon laquelle il n’est pas possible de penser croissance de l’Afrique, par les TIC sans électricité.
 
Pour eux l’Afrique souffre du manque d’infrastructures électriques de base, sans oublier le marché informel qui ne contribue pas aux impôts. Une culture de l’Internet et des stratégies nationales s’imposent pour amener les africains à adopter les technologies numériques : le e-gouvernement est une première approche de solution, en raison de son efficacité, car il est important pour les gouvernements africains, préoccupés par des chiffres de croissance, de rapprocher les services publics du citoyen.
 
Cependant, cette action ne sera pas possible sans investissements massifs, sans infrastructures, sans une stratégie nationale du haut débit par le mobile. D’où, la nécessité de rendre disponible l’énergie, élément essentiel dans le fonctionnement des réseaux de téléphonie mobile. Seulement, à mesure que le réseau tisse sa toile sur le continent, le paysage de l’économie africaine se transforme et les comportements évoluent, souvent bien plus vite que sur d’autres continents. Les  entreprises, pour leur part, devraient accompagner ce mouvement, en  investissant et innovant.
 
Les obstacles d’hier, une fois levés, a dit Thomas Luhaka,  seront source de croissance et de bénéfices, pour les Etats  Africains. C’est pourquoi, pour faire émerger une Afrique développée, grâce aux mobiles et à l’internet, il faut une progression dans la constitution d’un marché intra-africain (économique, culturel, …), une modernisation de l’accès aux services publics pour les entreprises, l’ouverture de nouveaux marchés et l’augmentation des échanges commerciaux, des gains de productivité, une main d’œuvre mieux formée et plus qualifiée, sans oublier les incitations à l’innovation pour les populations. A cela s’ajoute le désenclavement et l’accès aux marchés de consommation, à savoir connexion, services pour l’agriculture, mobile banking, e-commerce, …ainsi que la facilitation de l’accès à la santé (e-santé), à l’éducation (e-learning), à l’administration (e-administration).
 
La Révolution numérique en marche en Afrique
 
Les panelistes ont soutenu que la révolution numérique est en marche en Afrique. Si la norme internationale ramène à trois, le nombre des opérateurs de téléphonies mobiles pouvant exister dans un pays, le ministre de la RDC en charge de la question a révélé que son pays en comptait six. Le Congo voisin, lui, en compte quatre. Un taux de pénétration encourageant, ont-ils estimé. Ce qui imposerait aux Etats Africains l’intensification des efforts dans la construction des infrastructures, afin de penser tout développement actuel du continent avec le digital. Le cas d’école  serait celui de la Côte d’Ivoire, avec un taux de pénétration du mobile estimé à 22 millions sur 24 millions d’habitants, soit 92%, en 2010. Or, la tendance actuelle, pour tout le continent serait évaluée à plus de 700 millions d’abonnés mobiles, plus que les Etats-Unis et l’Europe. Le taux de connexion explose et des revenus issus d’Internet qui représentent déjà 4% du PIB du continent africain, plus de trois fois la part qu’ils représentent dans les économies développées, le réseau offre des perspectives meilleures.
 
L’Internet et le mobile, en pleine expansion et explosion en Afrique constituent, alors, un moteur de croissance inclusive pour le continent. En ce sens qu’ils sont sources d’opportunités pour les entreprises, particulièrement pour la nouvelle génération d’entrepreneurs africains, qui bénéficient d’un terreau fertile en matière d’infrastructures et d’innovation ; pour les populations africaines, qui en perçoivent des bénéfices très concrets au quotidien : connexion, désenclavement, nouveaux services (mobile banking, e-santé, e-learning, etc), pour les pays africains, qui y voient une occasion de moderniser leurs services publics et de faciliter la vie des administrés (simplification des démarches administratives et accessibilité en ligne).
 
L’Afrique est le deuxième plus grand marché de la technologie mobile après l’Asie avec une croissance plus rapide, ont-ils poursuivi. A cet effet, le continent Africain a vu se développer une forte pénétration du Mobile et un développement sans précédent de la bande passante Internet et de la Connectivité. Les fournisseurs de services Internet, particulièrement les Opérateurs Mobiles, à travers leurs offres de connectivité Internet basées sur des technologies large bande, ont permis une massification de l’Internet, même dans les zones les plus reculées et les plus hostiles. Mais cette pénétration n’obéit pas nécessairement à un développement de l’économie numérique.
 
Agapyth Bède
© ICIBRAZZA
 
 
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