28 Novembre Congo, je t’aime moi non plus…

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Ce 28 Novembre est la date d’anniversaire de la proclamation de la République.

La date est-elle à célébrer ? 

Nous n’en sommes pas si sûrs.
Tous les anniversaires ne se fêtent pas, mais chacun d’eux est l’occasion de faire un inventaire des années passées et éventuellement de prendre des résolutions.

Chaque anniversaire est aussi l’occasion de se féliciter s’il y a lieu de le faire.
Ce qui est valable pour une personne peut s’appliquer pour notre chère République : celle du Congo.
L’expression qui s’applique le mieux à notre état d’esprit aujourd’hui serait : Congo je t’aime, moi non plus.

Oui disons-le, pour ce pays notre sentiment comme une pendule sous un effet de balancier passe du pire au meilleur. De la pire des inquiétudes au meilleur des espoirs.

Vive notre République ? Pas si vite !
Les mots ont un sens. Quand pouvons-nous parler d’État républicain ?
D’abord la transmission du pouvoir ne doit pas se faire par filiation, la puissance publique doit respecter l’état de droit, le peuple doit constituer l’intérêt premier de l’action publique et être souverain.

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* J’aime ce Congo car il n’est pas une monarchie. Non aucun président du Congo n’est le fils de son prédécesseur. Mais comment ne pas condamner la confiscation du pouvoir?

Aucune transmission par filiation au sommet de l’État mais la région et l’ethnie corrompent cette République. Depuis l’avènement de la démocratie et même depuis les années soixante, le pays est grangréné par le tribalisme. L’ethnie devient l’ascenseur social le plus efficace alors que nous savons qu’aucun congolais ne naît tribaliste. Il est éduqué à le devenir. Je célèbre le congolais dans sa nature première. Celui pour qui tisser le lien social est une seconde nature.

* J’aime ce Congo, car il a mis le peuple au centre de ses préoccupations. Le Congo dans son histoire a plus longtemps été une République populaire qu’une République tout court. C’est dire si ceux qui ont voulu présider aux destinées des peuples ont bien saisi la prégnance de l’intérêt du peuple.
Hélas ce beau projet a tourné court pour ne devenir qu’un vœu pieux. Quand on parle du peuple, on pense aux franges les plus fragiles de la population pour juger de l’action de la puissance publique.

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Combien d’arriérés pour nos retraités ? Combien de bourses en retard pour nos étudiants ? Combien de services de maternité avec les conditions minimales pour nos mères et nos enfants ?

Une République par son action réfléchit à préserver la dignité de son peuple et à distribuer de manière équitable les richesses d’une nation grâce à une organisation forte de ses institutions notamment.

* J’aime ce Congo parce qu’il a su se doter d’un arsenal législatif pour en faire un État de droit pour protéger ses citoyens. Sommes-nous sûrs que ce pays soit un enfer pour ceux qui veulent avoir recours à l’arbitraire ? J’en doute. 

Certains prisonniers politiques sont d’autant d’ombres au tableau de notre belle République.
L’histoire juridique de notre pays nous oblige de nous souvenir de procès qui étaient souvent des mises en scène pour apaiser l’opinion internationale ou pour se donner bonne conscience.
Non l’État de droit n’a pas fini de se construire.

* J’aime ce Congo pour le respect de la souveraineté du peuple. J’en veux pour preuve la récente rencontre de madingou qui pour un budget de 1 milliard de FCFA a veillé au bon déroulement des prochaines élections présidentielles.
En effet, l’un des héritages les plus précieux de la Républque est bien ce suffrage universel cher à tous. Sans suffrage universel pleinement exercé, la République restera une légende pour notre Congo.

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Le rendez-vous des urnes est-il une réelle expression de la démocratie et du respect du peuple souverain ? L’histoire me renvoie une réponse pas nette.
Mais j’aime ce Congo et une vie ne suffira pas pour lui prouver mon amour.

Une proposition : fêtons la République le 21 Mars 2021 au soir. Nous jugerons à la manière dont ce déroulera ce scrutin l’état de notre République.

Je terminerais ainsi : Congo je t’ aime, moi non plus.

Par Marien Fauney Ngombé 

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