Monique Bakouetela « La houe à la main, on ne meurt pas de faim ! »

Monique Bakouetela, Vice-présidente d’une Coopérative agricole, de l’union locale du district de Ngoma Tié-Tié

Bien dans ses bottes, Monique, la cinquantaine est à la tête d’une Coopérative familiale avec son conjoint. Vice-présidente de l’union locale du district de Ngoma Tié-Tié, auxiliaire vétérinaire, « mâ Moni » comme l’appelle affectueusement ses proches fait partie de la nouvelle génération de femmes paysannes, qui font de l’agriculture leur cheval de bataille. Optimiste et pragmatique, elle a fait de l’agriculture sa planche de salut.

Tout commence, il y a une vingtaine d’années, alors que son benjamin fils (22ans aujourd’hui et universitaire) n’avait que trois ans « Je pense que cela a été l’une des plus sages décisions de ma vie, car grâce à l’agriculture j’ai pu réaliser de grandes choses. Je ne peux pas dire que je n’ai pas de problèmes, mais avec mon mari on s’assure qu’à la maison on ne manque de rien et que les enfants mangent à leur faim », a fait savoir Monique.

Indépendance financière

« L’agriculture est ma planche de salut, grâce à elle j’ai pu scolariser mes enfants, les soigner, et les nourrir correctement », poursuit cette mère de six enfants, qui se réjouit d’avoir transmis sa passion de la terre à ses enfants « Mes enfants ont compris que le travail de la terre contribue non seulement à nourrir l’agriculteur mais aussi l’ensemble de la population, comme j’aime le dire, la houe à la main, on ne meurt pas de faim ! », a-t-elle ajouté.

Amoureuse de la terre, Monique passe le plus clair de son temps sur ses propriétés, à examiner, expérimenter et échanger avec ses enfants.  Elle sollicite, par ailleurs, le concours des pouvoirs publics pour l’achat du matériel car celui-ci, dit-elle, facilitera le travail des paysans et fera évoluer toutes les filières confondues de l’agriculture. Outre l’achat du matériel, l’agricultrice souligne que  l’écoulement des produits demeure un obstacle majeur pour les paysans de cette localité.

Monique agriculture Congo

Organiser le commerce

« On est parfois obligé de baisser les prix et c’est un véritable manque à gagner, puisque dès 8h, que la marchandise finisse ou pas, nous sommes obligés de remballer, parce que les vendeurs prennent le relais et cela pour toute la journée », s’est plainte Monique, qui souhaite voir naître un marché spécial où les agriculteurs exposeraient leurs produits, afin de raviver ce secteur d’activité.

Elle exhorte, de ce fait, les autorités locales à s’appuyer sur les coopératives familiales. Ces dernières sont, selon Monique,  plus viables par rapport aux projets d’appui à l’agriculture commerciale, qui à la moindre frasque se disloquent et ne participent pas de façon intégrale au développement de l’agronomie « Les autorités devraient surtout soutenir les coopératives familiales, car ce sont elles qui connaissent les vrais problématiques de la terre, les autres sont des commerçants, ils ne soucient pas des besoins de la population », estime Monique.

Elle reste convaincue que la terre reste l’un des secteurs les plus prometteurs au développement économique du Congo. Aussi, elle incite les femmes à s’approprier les secteurs d’activités qui favoriseront leur autonomie financière. « Quel que soit le domaine où elles évoluent, l’autonomie financière est la plus grande richesse qu’une femme peut posséder », a-t-elle souligné.  

Avec Adiac-Congo

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