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Congo : Nganga Édo, le doyen de la musique congolaise, n’est plus

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Le co-fondateur de l’orchestre « Les Bantous de capitale », le patriarche Edo Nganga, a tiré la révérence à l’âge de 87 ans le 7 juin au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville. 

Après avoir accompli son vœu, celui de participer aux soixante-ans de la création des Bantous de la capitale, Edo Nganga, le seul co-fondateur en vie de ce groupe, peut alors rejoindre les siens dans la sérénité. A l’occasion de la célébration de ses 86 ans d’âge, le 27 octobre 2019, celui qu’on appelait le patriarche se disait encore apte à caresser son micro, affirmant avec force, qu’il continuerait de chanter jusqu’au dernier jour de sa vie. « Je n’ai pas cessé de jouer. Je joue jusqu’aujourd’hui. Je ferai de la musique jusqu’au dernier jour de ma vie. C’est ce que Dieu a voulu que je le fasse, donc je ne peux pas laisser. Comme un militaire, je vais mourir l’arme à la main », déclarait-t-il.

Cofondateur de Ok Jazz, Négro Jazz, Bantous de la capitale 

Chanteur ténor, compositeur, arrangeur, Edo Nganga était une légende de la musique congolaise moderne. Il est parmi les fondateurs de l’orchestre Atomic Jazz, embryon de l’orchestre Négro Jazz de Brazzaville (1954), de l’OK Jazz et du mythique orchestre Bantous de la capitale (1959) au sein duquel il a évolué jusqu’à ces derniers jours.

La vie artistique d’Edo a été marquée par quelques soubresauts. Il a passé toute sa carrière de 1959 jusqu’en 2020 dans les Bantous de la capitale. Reparti à Kinshasa entre 1962 et 1964 pour rejoindre ses anciens amis de l’Ok Jazz., malheureusement, il est rapatrié de nouveau avant de réintégrer Les Bantous de la capitale.

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Les souvenirs des Bantous et sa chanson anthologique

Le bon souvenir que Edo Nganga a gardé jusqu’à son dernier jour, c’est celui de ses anciens sociétaires parmi lesquels Daniel Loubelo De la Lune et Célestin Nkouka, et de l’autre côté de la rive gauche du fleuve Congo, Luambo Makiadi François dit Franco, Victor Longomba dit Vicky Longomba, et Desoin.

Le patriarche Edo Nganga a composé plusieurs chansons, parmi lesquelles “Mabé nde kolimwa”, “Zozo kobanga te”, … et “Aimé wa bolingo” une chanson anthologique chantée en hommage à sa mère Véronique dont il fut le fils unique.

En tant qu’artiste musicien, il était membre de plusieurs organisations socioculturelles, l’Union nationale des écrivains, artistes et artisans du Congo ; Union des musiciens congolais (UMC) pour laquelle un titre de président d’honneur lui a été attribué lors de l’assemblée générale de cette association en 2019 ; et le Syndicat des artistes congolais.

Comme distinctions, la plus élevée demeure celle de Commandeur dans l’ordre du mérite congolais, décerné à Edo Nganga par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, le 15 août 2019.

Né le 27 octobre 1933 à Léopoldville (Congo-Belge), il a trouvé la mort le 7 juin à Brazzaville (Congo-Brazzaville), après soixante-six ans de carrière musicale. Il disait à qui voulait l’entendre qu’il était fier d’avoir eu des enfants à Kinshasa (RDC) de même qu’à Brazzaville (Congo).

Bruno Okokana

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