136 kilos de pointes d’ivoire de la RDC saisies en France

136 kilos de pointes d’ivoire de la RDC saisies en France

pointes d’ivoire

Image d’archive| DR

La cargaison a été interceptée, le 27 mai, par les douaniers français à l’aéroport de Roissy à Paris.  

Les 136 kilos de pointes d’ivoire brutes, apprend-on, devaient être acheminées vers le Vietnam.  Les douaniers fouillaient une cargaison censée contenir des pièces détachées. Mais ils ont plutôt trouvé une douzaine de défenses d’éléphants découpées en trente-sept tronçons. Les morceaux étaient dissimulés sous des plaques d’aluminium pour tenter de passer inaperçus aux scanners. Il s’agit de la plus importante saisie depuis décembre 2006 quand les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières  avaient mis la main sur 600 kilos d’ivoire brut. Selon les douanes, citées par l’AFP, les défenses d’éléphant sont quasiment toujours acheminées d’Afrique centrale et de l’ouest (RDC et Cameroun) vers l’Asie, en particulier la Chine et le Vietnam. En Asie, le prix de l’ivoire brut au marché noir a triplé ces dernières années, passant de 500 euros le kilo à plus de 1500 euros le kilo aujourd’hui. Les douaniers de Roissy, souligne l’AFP, interceptent régulièrement des animaux ou parties d’animaux, parfois des espèces menacées de disparition, transportés illégalement : écailles de pangolin (petit mammifère insectivore) censées avoir des vertus miracles pour la santé, bébés tortues, hippocampes déshydratés…

Une espèce en voie de disparition

Au mois de mars dernier, trente éléphants avaient été abattus en deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la RDC. Les responsables du parc accusaient un groupe de braconniers soudanais d’avoir commis ce massacre. D’après un recensement effectué en 2014, le Parc national de la Garamba abrite quelque 1700 éléphants, ce qui en fait une cible de choix pour les braconniers.  En juin 2014, apprend-on, des braconniers avaient abattu – certains à partir d’un hélicoptère – soixante-huit éléphants en deux mois dans la Garamba, soit 4% de la population de pachydermes du parc. Ce massacre avait déjà été attribué à des chasseurs soudanais, qui sillonnent l’Afrique centrale à cheval, parfois sur des milliers de kilomètres, note l’AFP. Des braconniers soudanais sont également soupçonnés d’être responsables du massacre de trois cents éléphants dans le Parc national de Bouba N’Djida, dans le nord du Cameroun, en février 2012, puis d’au moins quatre-vingt-neuf autres près de Ganba, dans le sud du Tchad, en mars 2013. Il restait environ 470 000 éléphants en Afrique à l’état sauvage en 2013, contre 550 000 en 2006.

Destination asiatique

Des cartes des « routes de l’ivoire », élaborées par l’association Traffic, spécialisée dans la traque des exportations illégales d’espèces menacées, montrent clairement que c’est par les ports ou aéroports kenyans et tanzaniens que la plus grande partie de l’ivoire de contrebande quitte l’Afrique, souligne l’AFP. « L’or blanc » transite généralement par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines ou Hong-Kong, avant de gagner ses destinations finales, essentiellement la Chine et la Thaïlande. Là, les défenses d’éléphants abattus deviennent des bijoux, des objets d’arts ou des sculptures, très prisées des riches Asiatiques, explique-t-on.

© Adiac-Congo


Tags assigned to this article:
Francepointes d’ivoireRDC

No comments

Write a comment
No Comments Yet! You can be first to comment this post!

Write a Comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*

Aller à la barre d’outils